Le parcours

La Barcelona World Race est une boucle qui s'élance de Barcelone et revient à Barcelone, après avoir laissé les caps de Bonne Espérance (Afrique du Sud), Leeuwin (Australie) et Horn (Chili) à bâbord et l'Antarctique à tribord.

Lors de cette régate sans escale autour du monde, d'ouest en est, les voiliers parcourent quelques 23 000 milles pendant trois mois environ. Cette trajectoire théorique est calculée en utilisant la distance orthodromique, soit le chemin le plus court entre le départ et l'arrivée, représenté sur une carte par un tracé tendu autour de la planète. Mais en réalité, les skippers parcourent beaucoup plus de distance, 10 % de route supplémentaire en général, avec une stratégie qui se base plus sur les vents et les conditions météorologiques que sur la distance la plus courte indiquée par la carte.

Dans la tradition des éditions précédentes, la ligne de départ sera mouillée en face du W Barcelona hotel (Espagne). Les skippers descendront ensuite vers le Détroit de Gibraltar, qui, une fois franchit, leur ouvrira les portes de l'Atlantique avant qu'ils ne plongent vers le sud. Les bateaux continueront ensuite à descendre, passeront l'équateur avant d'enrouler le cap de Bonne Espérance et d'entrer dans l'Océan Indien. Les concurrents navigueront alors au large de l'Antarctique pour laisser les légendaires cap Leeuwin (Australie) et Horn (Chili) à bâbord avant de revenir dans l'Atlantique et de remonter vers le nord pour franchir à nouveau le détroit de Gibraltar et finir leur périple à Barcelone.

Dans les première et seconde éditions de ce tour du monde, les participants étaient obligés de passer par le détroit de Cook, qui sépare les deux îles de la Nouvelle-Zélande. Pour cette troisième édition, ce passage n'est plus obligatoire et la flotte est autorisée à passer dans le sud de l'archipel kiwi.

Un autre point crucial du parcours concerne l'établissement des zones de glaces interdites à la navigation. Les Directeurs de Course définiront leurs frontières en différents endroits, pour éviter tout danger de collision avec des glaces dérivantes dans l'Océan Indien et Pacifique Sud. Ces coordonnées seront précisées aux coureurs quelques jours seulement avant le départ (voir l'article sur les dangers des glaces et la table ronde organisée à Barcelone en janvier 2013).

12 zones climatiques en trois mois

Le parcours de la Barcelona World Race emmène les bateaux dans quasiment toutes les zones macroclimatiques du monde, et également à travers des zones de navigation tactiquement compliquées comme la Méditerranée ou le détroit de Gibraltar.

Le parcours peut être divisé en douze zones climatiques clairement différenciées. Les voici :

Barcelone – Détroit de Gibraltar

Cette portion méditerranéenne représente environ 530 milles (983 km) de long. Les prévisions météorologiques dans cette zone sont beaucoup plus difficiles a établir que sur les grands océans à cause de la géographie physique de la côte et de sa proximité, qui créée d'importantes variations de vent, en force et en direction, à quelques milles de distance seulement. C'est une portion tactiquement éprouvante, particulièrement durant les mois d'hiver, où les vents thermiques sont faibles et les zones de vents faibles très nombreuses.

La traversée du détroit de Gibraltar

Suivant les conditions de vent, ce passage peut être l'un des points les plus délicats du parcours. Si les concurrents doivent affronter une tempête venant de l'ouest après le départ ou en provenance de l'est lors du retour sur Barcelone, les IMOCA 60 peuvent se voir particulièrement sollicités dans une mer courte et cassante. De forts courants peuvent également rendre la traversée du détroit difficile si les vents sont faibles.

De Gibraltar aux Iles Canaries

Cette section du parcours représente environ 640 milles (1222 km). Dans cette zone, les voiliers cherchent à accrocher les alizés de nord-est.

A travers les Iles Canaries

Le passage à travers les Iles Canaries est un défi tactique compliqué, car la brise canalisée par les reliefs peut se montrer très variable en intensité. Le passage sous le vent des îles doit également être entrepris avec précaution, en raison des nombreuses zones sans vent qui parsèment l'archipel, causées par la géographie physique des îles.

Des îles Canaries à l'équateur


Les bateaux peuvent couvrir de 1700 à 1 900 milles au cours de cette portion du parcours, en fonction de la façon dont ils choisissent de traverser les accalmies au niveau de l'équateur. Pendant la première partie de cette section, les concurrents sont poussés par les alizés, mais ces derniers diminuent à mesure que les bateaux se rapprochent de la ligne virtuelle de l'équateur. Les tactiques mises en place par les skippers seront motivées par la stabilité de ces vents de NE.

La traversée de l'équateur

C'est l'une des passages les plus compliqués de la course. Ici, les bateaux doivent franchir le “Pot au noir”
 : une zone de vents erratiques dont la largeur peut considérablement varier selon les périodes de l'année. Elle peut atteindre 300 milles de large. Au cours de la seconde moitié du mois de janvier, le meilleur «couloir» pour passer à travers le Pot au noir est généralement situé autour du 30 º W. Les bateaux peuvent mettre jusqu'à quatre jours pour passer cette zone équatoriale. Une fois qu'ils s'en sont finalement échappés, ils peuvent se mettre à chasser les moindres rafales alentours pour rejoindre les alizés de sud-est.

De l'équateur au cap de Bonne Espérance

Dans leur descente de l'Atlantique Sud, les bateaux parcourront entre 3200 et 3 600 milles. Ici, tout dépendra de la qualité des alizés de sud-est qui soufflent dans l'hémisphère sud et de l'évolution de l'anticyclone de Sainte-Hélène. A mesure que les bateaux se déplacent vers ces latitudes plus basses et plus proche du 40 º S, ils commencent à s'attaquer à la zone redoutable des «quarantièmes rugissants», synonyme de vents d'ouest très forts vents, qui génèrent une houle énorme.

La traversée de l'océan Indien

Du cap de Bonne-Espérance au sud de la Tasmanie, les skippers traverseront la partie la plus difficile de toute la course. Tout au long de ces 5 000 milles se succéderont de gros coups de vent en provenance du sud, dans une atmosphère froide et humide incessante depuis l'entrée dans les quarantièmes rugissants. Les tactiques ici consisteront à faire les meilleures moyennes possibles tout en préservant le matériel.

Du Pacifique Sud au cap Horn

Une traversée de 4000 milles, où les skippers subiront une fois de plus les foudres des Quarantièmes Rugissants. L'approche du vénéré tout autant que craint cap Horn (Chili) est synonyme pour les skippers d'approche potentiellement dangereuse de haut fonds et de larges bandes de brouillard. Ici, la gestion des coups de vent est essentielle pour s'assurer un passage sans encombre du cap Horn. Le danger provient entre autres de l'orientation des vents au nord-ouest, accélérés par la Cordillère des Andes.

Du cap Horn à l'équateur

La remontée de l'Atlantique Sud s'étend sur 3 900 milles. Le premier dilemme tactique est de choisir par où passer les îles Falkland. Le deuxième est de savoir comment contourner l'anticyclone de Sainte-Hélène, dans des vents de face souvent forts. Dans cette zone, les skippers ont tendance à frôler les côtes brésiliennes. Le Pot au noir sera ensuite source des mêmes frustrations qu'à l'aller.

De l'équateur au détroit de Gibraltar

Lors de cette portion d'environ 2 550 milles, les skippers doivent composer avec l'anticyclone aux Açores. Durant cette étape, les décisions tactiques sont essentielles en fonction des écarts entre les concurrents.

De la traversée du détroit de Gibraltar à la remontée de la Méditerranée vers Barcelone

Les conditions seront les mêmes que lors du départ de la course.