Educación sin Fronteras, à 320 milles de la ligne...
106e jour de course pour Albert et Servane qui partagent leurs derniers moments
à bord d’Educación sin Fronteras. Le duo franco-catalan est attendu mercredi
soir sur les quais de la cité catalane mais d’ici là, ils devront encore déjouer
une situation météo complexe avec un vent variable. Ce matin, Servane et Albert
ont répondu aux questions de la vacation officielle.
Educación sin Fronteras
© Chris Cameron / DPPI /
Barcelona World Race
Servane et Albert, à propos de leur
situation actuelle :Servane : ‘Tout va bien à bord, nous sommes toujours
au prés, avec entre 17 et 20 noeuds de vent. La mer n’est pas très formée et la
Méditerranée n’est pas trop méchante. Nous avons une bonne vitesse sur ce
bord-là, comparé à l’autre où c'était catastrophique, peut-être à cause du
gréement. Ce matin, j’ai parlé à Dominique Wavre sur Temenos II, on s’est
croisés à 3 ou 4 milles, ils repartaient sur Gibraltar. Il y a toujours beaucoup
de trafic dans la zone où nous sommes, je viens de parler avec un bateau russe.
Nous allons bientôt nous préparer à virer. Malgré le petit clapot, nous
parvenons à maintenir une vitesse raisonnable de 10 noeuds, avec un vent d’est
et nous attendons une adonnante dans les prochaines heures. Après, le vent
viendra de l’est, puis du sud, en plus faible intensité. Il va donc falloir
s’adapter, la situation est encore complexe. En tout cas, on aura bien mérité
notre arrivée à Barcelone ! Cependant, cette situation est assez intéressante en
terme de stratégie même si on a toujours l’impression d’avoir choisi le mauvais
bord’.
Albert : ‘Nous continuons de bien progresser au prés, on est contents.
Servane est encore en train de faire de la stratégie avec les derniers fichiers
reçus pour voir si on devrait ou pas se rapprocher de la côte, parce qu’entre le
vent synoptique et le ‘Garbi’, la situation est encore complexe. Nous sommes à
la latitude du Cap de Gata, à 340 milles de Barcelone. Pour le moment, nous
sommes encore au prés, mais après Ibiza, le vent basculera au sud-ouest. Ce
matin, il y avait une bonne quinzaine de cargos autour de nous et traverser le
rail fut réellement impressionnant. Cependant, nous naviguons avec l’A.I.S
(Système Automatique d’Identification) où toutes les informations des bateaux à
proximité sont affichées (leurs caps, leurs vitesses) et où nous apparaissons
sur leur écran comme voilier de course à équipage réduit : c'est un outil
merveilleux’.
©
Servane à propos de leur passage à
Gibraltar : ‘Il y avait un nombre impressionnant de cargos et on s’est fait
de bonnes sueurs froides car nous avons traversé le rail en travers de nuit au
prés ! Mais nous avons été assez chanceux car nous nous sommes encalminés en
plein milieu du rail puis le vent est remonté et nous avons eu de belles
adonnantes. J’ai finalement pu apercevoir les lumières de Tanger, les premières
depuis le 22 janvier où j’avais vu la terre pour la dernière fois. C'était
vraiment émouvant car c'était un vrai retour à la civilisation avec tous les
cargos autour. A un moment, nous étions même sous-toilés dans le détroit, car le
vent d'est a faibli de 30 à 10 noeuds et dans cet endroit, tu ne t’amuses pas à
abattre pour enrouler ta voile. Puis, lorsque je vérifiais la zone au radar, il
y avait des bateaux vraiment partout. C'était impressionnant mais intéressant en
terme de navigation.’
Educación sin Fronteras
© onEdition/Barcelona
World Race
Servane et Albert, concernant leur arrivée à
Barcelone dans les prochaines 36 heures :Servane : ‘Le problème du
bateau c’est qu’il marche en crabe donc nos eta ne sont jamais fiables. On
espère vraiment arriver mercredi et qu’Eole sera sympa jusqu’au bout car ici, ça
sent déjà l'écurie ! Je sais que quelques personnes sont déjà sur le chemin,
donc oui, je suis ravie que toutes les routes convergent désormais vers
Barcelone ! D’un autre côté, j'appréhende aussi ma réaction, car après 3 mois et
demi sans avoir mis le pied à terre, je me demande comment je vais me sentir
après avoir franchi la ligne. C’est un objectif qui est en train de se réaliser,
ce fut une si longue période en mer’.
Albert : ‘L'arrivée à Barcelone va
réellement être spéciale pour moi car je vais débarquer dans ma ville où ma
famille, mes fils et mes amis m’attendent. Cela me touche beaucoup et je pense
que notre aventure restera comme quelque chose de très positif pour ma ville’.