04.02.2010 5:59
Préparation de la sécurité dans le Grand Sud
Denis Horeau, directeur de course, et Pere Sarquella, directeur des
opérations ont fait le voyage en Australie et Nouvelle-Zélande pour
organiser les dispositifs de sécurité avec les services de sauvetage
des deux pays de la zone du Grand Sud traversée par la Barcelona World
Race. Fin février, Denis Horeau a fait le voyage jusqu’au Chili et en
Argentine pour compléter la planification du suivi des bateaux et les
actions de sauvetage potentielles dans les zones de navigation les plus
dangereuses de la planète.

« L’Antarctique à tribord » est une phrase mythique qui exprime parfaitement l’inhospitalité qui attend des bateaux en course autour du monde quand ils rentrent dans une zone comme le Grand Sud, la zone maritime la plus difficile de la planète. C’est la plus exigeante non seulement du point de vue météorologique à cause de la dureté des 40è rugissant et des 50es hurlant, mais aussi du point de vue psychologique. Lors du passage dans l’hémisphère austral, les régatiers navigueront dans les zones les plus éloignées de la terre de la planète.
L’organisation de ce tour du monde porte donc une attention particulière à la logistique qui touche au suivi des bateaux et aux possibles opérations critiques qui peuvent avoir lieu dans ces zones pendant la course. L’histoire des courses autour du monde montre l’importance que les centres de sauvetages de l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Chili ont pu avoir lors des multiples opérations de récupération de régatiers océaniques qui – pour diverses raisons – étaient naufragés ou dont les bateaux ne pouvaient plus naviguer par leurs moyens propres
Un voyage sans précédent.
Pour cette raison, et dans une première démarche pour organiser correctement la sécurité de la régate, Denis Horeau, directeur sportif de la Barcelona World Race et Pere Sarquella, son directeur des opérations, ont fait le voyage en Australie et en Nouvelle-Zélande afin de visiter les sièges des centres de secours maritime de chaque pays. À Canberra, ils ont visité le quartier général des Autorités Maritimes de Sécurité (AMSA) et à Wellington le Centre de coordination de sauvetage (RCCNZ), une organisation qui dépend de l’autorité Maritime de Nouvelle Zélande.
Il s’agit d’un voyage insolite qui marque un tournant dans les relations de l’organisation d’une régate autour du monde avec les centres de sauvetages des zones maritimes qu’elle traverse. Selon Denis Horeau, ce voyage est en premier lieu une action de reconnaissance très importante : « C’est la première fois que les organisateurs d’une course autour du monde font le voyage pour visiter ces centres de sauvetage. Dans un premier temps, il s’agissait de les remercier, de leur montrer notre gratitude pour les vies qu’ils ont sauvées depuis qu’ils ont commencé leurs opérations et pour toute l’aide qu’ils nous ont apportée depuis les premiers tours du monde.
Au-delà du fait de personnaliser les contacts, le second motif de ce voyage était de coordonner les actions de suivi de la flotte sur les immenses zones maritimes sous la vigilance des deux centres. Déterminer comment travailler et communiquer durant la régate, définir les rôles respectifs de l’organisation et de chaque centre est primordial. Ce travail requiert en premier lieu d’échanger de nombreuses informations. « Nous leur fournirons le maximum d’information sur chaque équipe – affirme Pere Sarquella – non seulement les données techniques de chaque bateau, mais aussi les détails de tous les systèmes de communication à bord, leurs codes d’identification et les données personnelles et médicales de chaque navigateur”.
Lors de leur visite aux AMSA australiennes, Denis Horeau et Pere Sarquella ont été reçus par Christine MacMillan, la directrice du centre, qui s’est montrée très satisfaite de la visite. Les Autorités australiennes possèdent parmi les installations les plus modernes au monde pour le suivi des bateaux dès qu’ils entrent dans la zone maritime sous leur responsabilité – soit une portion d’océan qui s’étend d’environ 250 milles à l’est des Kerguelen jusqu’au méridien 160eE qui divise la mer de Tasmanie à peu près en deux. La zone d’action néo-zélandaise commence à partir de là. Les concurrents de la Barcelona World Race, vont parcourir environ 3.500 milles (presque 6.500 km) dans cette zone et subir les conditions de mer, vent, froid et fatigue des plus éprouvantes.
Collaboration technologique totale.
Le succès de cette coopération entre l’organisation de la course et les centres de sauvetage repose sur un aspect technologique fondamental. À savoir que les techniciens australiens vont incorporer à leur programme informatique les données issues du tracking des bateaux que la Barcelona World Race va obtenir en continu par satellite. “Les techniciens australiens ont demandé à recevoir les données du tracking et vont les intégrer dans leur système de suivi – explique Pere Sarquella. De cette manière, lorsqu’un incident survient, nos deux entités auront l’information en simultanée. D’un autre côté, nous les tiendrons informés de toutes les informations que nous recevrons des bateaux et qui pourraient affecter la sécurité maritime”.
En Nouvelle-Zélande, les directeurs de la Barcelona World Race ont été reçus par Rodney Bracefield et John Seward, respectivement responsable des entraînements et Opérations Manager du RCCNZ de Wellington. Le centre néo-zélandais est récent bien qu’il hérite d’une tradition d’organisation de la surveillance et des sauvetages en mer de plus d’un siècle. Sa zone de responsabilité s’étend du méridien 160e Est mentionné précédemment jusqu’à pratiquement atteindre le 130e Ouest. Une autre zone maritime gigantesque dans laquelle les marins de la Barcelona World Race vont parcourir plus de 2 500 milles (4.630 km) avant d’atteindre la zone de responsabilité chilienne.
Tout comme les Australiens, les experts néo-zélandais, satisfaits de cette rencontre ont collaboré au maximum. “Il était important de faire connaissance, déclare Horeau, surtout pour planifier correctement les futures actions de maintenant jusqu’à la course. Nous devons tenir compte que le parcours de la Barcelona World Race passe par le détroit de Cook, ce qui veut dire que nous allons collaborer de façon étroite avec les Néo-Zélandais».
Le système technologique néo-zélandais est le même que l’Australien, ce qui a permis d’aboutir au même type de collaboration avec les techniciens. En cas d’incident, il a été convenu avec les deux pays que l’organisation de la Barcelona World Race se chargerait de l’information aux médias, ce qui permettrait aux centres de sauvetage de se consacrer pleinement aux opérations d’assistance en mer.
Logistique pour le détroit de Cook
La visite à Wellington avait une importance particulière pour les deux directeurs de la course. Le passage de la flotte par le détroit de Cook est l’opportunité de récupérer des images des bateaux. Sur ce thème, Denis Horeau et Pere Sarquella ont également visité le Royal Port Nicholson Yacht Club afin d’étudier la possibilité d’installer un bureau de suivi du passage du détroit et établir les bases logistiques pour les bateaux et les hélicoptères dédiés aux images.
L’arrêt possible des bateaux à Wellington pour raisons techniques a également été évoqué. Horeau et Sarquella ont visité la Marina Chaffers où les bateaux qui se sont arrêtés à Wellington lors de la dernière édition (Hugo Boss, Temenos II et Mutua Madrileña). Ils ont ainsi pu vérifier les installations et discuté avec Tim Brooks, le Reponsable logistique des événements de la mairie des détails concernant la présence éventuelle de concurrents. Les responsables de la Barcelona World Race ont également visité les chantiers navals Hakes Marine — dans lesquels ont été construits entre autres bateaux, Aviva et Ecover — afin d’organiser l’assistance technique dont les équipages pourraient avoir besoin. « Il s’agit de bien tout organiser – explique Sarquella – et d’établir les bases d’une collaboration solide pour la prochaine édition et pour le futur de la régate».
Ce processus sera complété par la visite de Denis Horeau aux sièges des centres de sauvetage du Chili et d’Argentine à la fin du mois de février. L’objectif sera le même qu’en Australie et Nouvelle-Zélande. Pour le Directeur de Course de la Barcelona World Race, la connaissance et la reconnaissance mutuelle de ces centres maritimes est fondamentale pour garantir la sécurité future des tours du monde et développer la voile océanique avec les garanties maximum de collaboration sur le plan international : « Il est nécessaire que nous nous connaissions, de les remercier pour le travail qu’ils ont effectués dans le courant l’histoire de la course océanique et établir des bases pour collaborer avec le maximum d’efficacité dans le futur ».