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Mini Barcelona. Brillante fin de saison à Barcelone


Thomas Ruyant, en prototype, et Hugo Ramón, en bateau de série, ont été les vainqueurs d’une Mini Barcelona particulièrement brillante. Lors de sa cinquième édition, cette course a battu son record de participation avec 35 unités inscrites, devenant ainsi une régate incontournable de la Méditerranée.

 

Le samedi 18 octobre, 35 solitaires se sont rassemblés sur les digues du Reial Club Marítim de Barcelona, un chiffre qui a agréablement surpris les organisateurs et les amateurs de voile. La course a eu lieu suite à un autre succès : la Mini Empúries, une nouvelle course en double inscrite au calendrier international qui a totalisé un nombre de 25 bateaux sur sa ligne de départ. La Mini Barcelona est un bel exemple de la vitalité dont fait preuve actuellement la Classe. Bon nombre de navigateurs préparant actuellement leurs projets pour la Mini-Transat de l’an prochain ont profité de cette course pour accumuler des milles en vue des processus de qualification.



Des projets fort ambitieux

C’est pour cette raison que l’on a pu voir des projets déjà fort avancés, en particulier dans la division des prototypes, où était notamment présent le Français Thomas Ruyant, vainqueur de la dernière Mini-Fastnet, avec son puissant voilier conçu par Finot-Conq. Son compatriote Rémi Aubrun, qui avait terminé quatrième à la Mini-Fastnet avec un bateau signé Manuard, était également au rendez-vous. Parmi les Espagnols qui concouraient en prévision de la Mini-Transat, se trouvait Juan Carlos Oliva, qui revenait du Festival dos Océanos avec une excellente troisième place. Juan Carlos s’est présenté à Barcelone en pleine phase de préparation de son bateau, le puissant ex-Activa, avec lequel Yves le Blévec avait gagné la Mini Barcelona de 2006 et la Mini-Transat de 2007. Anna Corbella était également de la compétition, à bord de l’Ulises, un autre projet espagnol nourrissant de grandes ambitions pour la grande classique à travers l’Atlantique. Anna aspire d’autre part à devenir la première femme espagnole à participer et à terminer la Mini-Transat. Par ailleurs, la flotte espagnole comptait l’un de ses grands spécialistes, Bruno García, récent vainqueur de la Mini Empúries avec son frère Willy, à bord de leur proto ultrarapide Sampaquita. Parmi les autres têtes d’affiche, se trouvaient le Français Olivier Avram, vainqueur de la dernière UK Fastnet, le Polonais Kizysztof Kotokowskiy et la Française Fabienne Robin. On a regretté l’absence de deux des projets les plus sérieux qui se préparent actuellement en vue de la Mini-Transat, celle de Gerard Marín et de Toni Weijl, dont les bateaux n’étaient pas encore prêts à naviguer. Dans la division des bateaux de série, le Majorquin Hugo Ramón partait en tant que favori aux côtés d’autres grands noms tels que les Français Sébastien Rogues, Beltrand Castelnérac et François Amaury. 

Une dure nuit de vent d’est et de beaux duels à l’arrivée

Le parcours s’étendait comme d’habitude sur 300 milles, de Barcelone à Barcelone, en laissant l’île de Minorque à tribord. Le départ a eu lieu dans des conditions de vent de 15 noeuds orienté E-NE et de grains permanents. L’organisation a rendu hommage à Albert Bargués, qui est l’un des grands promoteurs de la Classe en Espagne et, suite à la Barcelona World Race, le premier navigateur espagnol à avoir accompli le tour du monde en double sans escale, en lui réservant l’honneur de donner le signal de départ.    

Après avoir viré la bouée de balisage face à l’embouchure du Besós, les favoris commençaient déjà à se dessiner peu à peu, avec Thomas Ruyant, Rémi Aubrun et Bruno García en tête de la course. Pendant la première nuit, le vent s’est établi à l’est et a redoublé, atteignant 25-30 noeuds, si bien que les minis se sont retrouvés dans une mer debout bien formée. Les grains furent fréquents et souvent accompagnés de manifestations électriques. Ces rudes conditions devaient bientôt faire leurs premières victimes. Chez les protos, Juan Carlos Oliva s’est vu dans l’obligation d’abandonner la course suite à une fracture d’un doigt de la main, tout comme Regir Garcia et Richard Olivier, parmi les bateaux de série, pour des problèmes de pilote et de batteries respectivement. Bruno García, quant à lui, a cassé le filoir du solent, Jordi Garriga la drisse de la grand-voile, tandis qu’Anna Corbella a été contrainte de réparer une livarde avec un gréement de fortune. Plus tard, c’est la Française Caroline Rebuffat qui a cassé son mât et qui a dû se retirer de la course à Ciudadela.

Au petit matin, le vent est retombé à 10 noeuds tandis que la flotte approchait le nord de Minorque en tirant des bordées sous un vent de 15 noeuds orienté E-SE et sur une mer plus maniable. Dans la catégorie des protos, après que les concurrents aient viré l’île de l’Aire, la lutte s’est resserrée autour de Thomas Ruyant, Rémi Aubrun, Oliver Avram et Bruno García ; en série, Hugo Ramón a doublé en quatrième position, à plus d’une heure de Sébastien Rogues. Le retour sur Barcelone s’est joué de manière très tactique et a donné lieu à de magnifiques combats avec un vent arrière. Thomas Ruyant s’est finalement imposé après avoir mené une dure bataille contre un excellent Bruno García, deuxième, et Rémi Aubrun, troisième. En série, Hugo Ramón, après avoir effectué une remontée spectaculaire, a réussi à dépasser Sébastien Rogues et à franchir la ligne avec seulement six minutes d’avance sur son concurrent, ajoutant ainsi une touche finale d’émotion et de qualité à une magnifique course.

Division Protos
1. Thomas Ruyant / Faber France 47 h. 8 m. 51 s.
Bruno García / Sampaquita à 2 h. 34 m. 34 s.
Rémi Aubrun / Profil Composite à 4 h. 50 m. 30 s.


Division Série
Hugo Ramón / Volkswagen 55 h. 12 m. 4 s.
Sébastien Rogues / Solent à 6 m. 42 s.
Beltrand Castelnérac / No War à 36 m. 34 s.

fecha

2008-11-06T13:57:00