Languages


30 solitaires autour du monde !


30 inscrits, dont 16 débutants et 14 vétérans ; 19 d’entre eux arborent des bateaux de dernière génération, qui présentent une architecture innovante et passionnante. Cette édition du Vendée Globe sera assurément exceptionnelle en termes d’émotions et de niveaux de compétitivité. Il faut en effet remonter à la Whitbread de 1981-82 pour voir 29 participants sur une ligne de départ ; il s’agit là d’un succès sans précédent qui, sans aucun doute, procurera plus de trois mois de véritable plaisir à tous les passionnés de voile que nous sommes. Unai Basurko sera au rendez-vous, dans le sillage de José Luis Ugarte.

Le Vendée Globe fête son vingtième anniversaire, démontrant la vigueur exceptionnelle de la classe Imoca. En plein débat sur la définition du nouveau règlement des 60 pieds, cette sixième édition atteint un record historique de participation et le nombre de bateaux neufs, créés spécialement pour cette régate, n’a jamais été aussi élevé. 30 solitaires sont parvenus à régulariser leur inscription au tour du monde en solitaire et sans escale ; un succès d’autant plus inédit que l’on ne compte pas moins de 19 bateaux de dernière génération conçus et construits spécialement pour cette course et que les « soins de rajeunissement » atteignent un haut niveau de spécialisation. Au fil de ces différents articles, nous passerons en revue ces bateaux et leurs innovations, que l’on a déjà pu apercevoir lors de la Barcelona World Race pour certaines d’entre elles.

Plusieurs générations de solitaires

La foto oficial de los participantes de esta edición-


Pour ce qui est du facteur humain, on peut affirmer que presque tous les héros de la classe Imoca qui se sont illustrés au cours de la dernière décennie ont répondu présent. L’on retiendra notamment deux grands « retours » dans cette classe : celui de Loïck Peyron et celui du professeur Michel Desjoyeaux. Loïck, âgé de 49 ans, est une figure historique de la voile océanique, qui eut l’honneur de défiler sur les Champs Elysées en voiture décapotable auprès de Titouan Lamazou, suite à sa première participation en 1989-90 où il finit deuxième. Michel, vainqueur en 2000-01, est le navigateur océanique le plus récompensé de l’histoire ; en France, on le considère comme le plus fidèle héritier de la personnalité d’Eric Tabarly, le père de la voile océanique française.  
A leurs côtés, les grands noms de la classe Imoca et du Vendée Globe qui ont marqué ces dernières années n’ont pas manqué au rendez-vous : Vincent Riou, Jean-Pierre Dick, Dominique Wavre, Roland Jourdain, Mike Golding, Marc Thiercelin, Alex Thomson, Sébastien Josse, Jean Le Cam, Bernard Stamm et Unai Basurko. Mais l’on compte également de nouveaux venus, des jeunes et des moins jeunes, issus du Mini et du Figaro, qui proposent de sérieux projets, tels que Jérémie Beyou, Yann Eliès, Kito de Pavant et Armel Le Cleac'h. La dernière génération de solitaires britanniques tels que Dee Caffari, Jonny Malbon et Brian Thompson viennent aussi mettre la pression, menaçant dans un avenir plus ou moins proche la suprématie française au sein de cette classe. Bien que la participation française domine encore en nombre, l’ascension des Britanniques se fait de plus en plus évidente : dix-sept Français, sept Britanniques, deux Suisses, un Espagnol, un Canadien, un Américain et un Autrichien. 

Signalons la présence de la plupart des bateaux ayant participé à la Barcelona World Race : le Paprec-Virbac 2, avec le grand vainqueur Jean-Pierre Dick ; l’Hugo Boss, avec Alex Thompson ; le Temenos II, avec Dominique Wavre ; le PRB, avec Vincent Riou ; le Veolia Environnement, avec Roland Jourdain ; le Delta Dore, avec Jérémie Beyou et l’Estrella Damm, avec Sébastien Josse, devenu BT suite à une révision en profondeur. Alex Thomson a vu sa participation compromise à la dernière minute à cause d’une collision avec un bateau de pêche qui l’a obligé à réparer de toute urgence une brèche dans la coque et à changer le mât de l’Hugo Boss.  

 

Internationalisation de l’architecture et de la construction

Déjà présente lors de la précédente édition, la tendance à l’expansion internationale dans l’architecture et la construction des bateaux se poursuit. Bruce Farr signe huit plans, grâce sans doute au succès du Virbac-Paprec, le premier bateau de Jean-Pierre Dick, et à la confiance que ce dernier a accordée à l’architecte néo-zélandais pour son deuxième bateau, le Paprec-Virbac 2, vainqueur de la Barcelona World Race. Le pari de certains capitaines tels que Vincent Riou, Jéremie Beyou, Michel Desjoyeaux et Loïck Peyron a entraîné une augmentation remarquable de la demande auprès du cabinet de Bruce Farr. Le cabinet Finot-Conq, qui avait signé les plans des bateaux vainqueurs des 4 derniers Vendée Globe et qui fut le grand innovateur de l’histoire des Imoca, a dû affronter une rude concurrence et signe quatre dessins, à l’instar des britanniques Owen-Clarke. L’entrée de Juan Kouyoumdjian dans le monde des Imoca, avec le Bahrain Team Pindar, représente une nouveauté intéressante, de même que celle de Van Pétéghem Lauriot-Prévost, en collaboration avec Guillaume Verdier, spécialistes en multicoques, qui signent le Safran et le Groupe Bel. Concernant les chantiers, la France est toujours en tête avec neuf unités, mais la Nouvelle Zélande en a lancé six et le Royaume Uni, trois.


Innovations en matière de sécurité

Les 30 participants ont obligé les organisateurs à créer de nouvelles mesures de sécurité tant pour renforcer la prévention des accidents que pour améliorer le contrôle et la communication des éventuelles opérations de sauvetage. Tout d’abord, les portes de sécurité ont été légèrement remontées vers le nord face à la menace de plus en plus évidente des glaces dérivantes due au réchauffement de la calotte polaire, comme on a déjà pu le constater récemment lors de la Barcelona World Race ; les routes que doivent emprunter les bateaux ont donc été rapprochées des côtes australiennes et néo-zélandaises. Ensuite, un site Internet consacré à la sécurité des skippers a été créé afin de permettre aux centres de sauvetage du monde entier de mener une opération coordonnée dans le cas où ils devraient intervenir, ce qui représente un gain de temps précieux. Alain Gautier, vainqueur du Vendée Globe de 1992, assure de nouveau sa fonction de consultant en matière de sécurité, en collaboration avec l’expert australien David Adams. Comme à chaque édition, le docteur Jean-Yves Chauve dirigera les services médicaux à distance.   

 

Unai Basurko, dans le sillage de José Luis Ugarte

Suite au succès qu’il avait  remporté lors de la Velux Five Oceans, en décrochant une magnifique troisième place, Unai Basurko, au port de Getxo, a soumis le Pakea Bizkaia à une rénovation de fond en comble. Les travaux ont été dirigés par l’architecte du bateau, Andy Dowell, et par Pete Kula, qui a conçu le mât. Parmi les changements, le design des barres a été modifié, le bateau a été équipé de nouveaux gréements et l’ensemble des voiles a été rénové. Au cours de cette dernière opération, menée en partenariat avec Quantum España, la voilerie de Toni Tió s’est livrée à une analyse complète des besoins spécifiques de Basurko. De plus, de nouveaux pilotes automatiques ont été installés et des améliorations ont été effectuées dans l’électronique. Unai Basurko a pu tester toutes ces améliorations sur les 1500 milles qu’il a parcouru lors de l’Artemis Transat, avant d’abandonner la course par mesure préventive. Plus tard, à Vigo, le Pakea Bizkaia a été équipé d’un nouveau dessalinisateur, de plaques solaires et de nouvelles pompes de ballast qui permettront un remplissage et une vidange beaucoup plus rapides que lors de la Velux.  Unai Basurko est devenu le deuxième Espagnol, après José Luis Ugarte, à avoir accompli le tour du monde en solitaire avec escales, et le premier Espagnol à s’être hissé sur le podium d’une course océanique. Unai envisage le Vendée Globe comme une suite logique à son succès, suivant ainsi le même chemin que son grand ami et maître. Trois mois après que le grand navigateur basque nous ait laissés à moitié orphelins, son esprit naviguera à bord du Pakea Bizkaia, tout comme celui des milliers de navigateurs et de passionnés de voile qui doivent à José Luis Ugarte une nouvelle façon de regarder la mer.

 

fecha

2008-11-06T17:31:00