Un Noël épicé aux adieux

La famille rassemblée, la table mise, les cadeaux sous le sapin, rien ne ressemble plus à un Noël qu’un autre Noël. Et pourtant, celui-là risque d’être particulier pour les 16 skippers de la Barcelona World Race. Le 31 décembre, une semaine plus tard, ils prendront le départ de leur tour du monde avec comme perspective plus de 90 jours de mer, 23 000 milles (42 600 kilomètres) de navigation, dont un bon mois dans les mers du sud.

News DÉC. 24, 2014 10:00

« Ce sera différent des autres années parce que dans quelques jours, nous partirons autour du monde. C’est vrai que je n’ai pas la tête à ça, comme si c’était un Noël habituel » reconnaît Pepe Ribes, le coéquipier d’Alex Thomson sur Hugo Boss. Pour les équipages embarqués dans cette aventure, la trêve de Noël se teinte d’un sentiment aigre-doux en comptant les heures qui séparent les navigateurs du grand départ vers des contrées plutôt inhospitalières.

Les navigateurs espagnols ont cette chance de savoir leurs familles relativement proches physiquement. Pour les autres, c’est tout de suite un peu plus compliqué. Deux Français, un Britannique, un Allemand, un Suisse, un Chilien et un Hongrois vont devoir choisir entre un aller-retour express dans leurs familles ou bien rester sur place à Barcelone.

Pour Conrad Colman qui réside en France la question ne se pose pas. « Notre projet s’est monté tardivement, je veux rester efficace même à Noël. On a encore beaucoup de boulot avant le départ » sourit le jeune skipper néo-zélandais. Sa compagne viendra à Barcelone pour le 25 décembre. « Elle fête Noël dans sa famille et prendra ensuite un vol pour Barcelone. Je vais devoir attendre pour mes cadeaux. » Habitué aux Noëls estivaux de l’hémisphère sud, Conrad ira se balader au bord de la plage de Barcelone.

Pour le Chilien José Munoz, coéquipier de Guillermo Altadill sur Neutrogena, l’essentiel est d’être en famille. « Du moment que nous sommes réunis, tout va bien… ce n’est pas très important, si ce n’est pas tout à fait les mêmes rituels qu’à la maison. » Sa femme et ses enfants sont venus le rejoindre à Barcelone. « On va en profiter le plus possible, faire du shopping, c’est indispensable… » sourit-il. « Maintenant, je sais que ces prochains jours, il va nous falloir travailler, travailler encore. »

Pour le skipper catalan de One Planet, One Ocean & Pharmaton Aleix Gelabert ce Noël ne sera pas vraiment différent des autres. « Après des mois de préparation, ça fait du bien de se sentir « off ». C’est mieux que l’équipe puisse passer un peu de temps en famille, se reposer, vaquer chacun à ses occupations favorites… »

Autre son de cloche chez le Breton Sébastien Audigane, rentré retrouver sa famille pour les fêtes. « Je ne peux pas dire que je vais spécialement apprécier ce Noël là. Je voudrais être entièrement disponible  pour ma famille, mes enfants, mais je sais que dans un coin de ma tête, je suis déjà parti. Je vais être là, et en même temps, je ne serai pas totalement présent. Ce n’est pas la situation la plus agréable qui soit. » Noël ou pas, les petits démons de la course au large commencent à grignoter du terrain.

 

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