Un dernier Horn pour la route…

Horn – 150 milles. Ce dimanche après-midi, Spirit of Hungary a entamé la dernière ligne droite menant au cap Horn, où il est attendu dans le courant de la nuit prochaine, vers 0h30 TU (01h30 en France, 21h30 au Chili). C’est donc dans l’obscurité que Nandor Fa et Conrad Colman fermeront, en 7è position, la porte du Grand Sud pour rejoindre le reste de la flotte de cette 3è édition de la Barcelona World Race dans les eaux de l’Atlantique.

News MARS 15, 2015 17:59

Un « cap Dur » plutôt conciliant

Ce dimanche après-midi, le duo aux trois nationalités (hongroise, américaine et néo-zélandaise) progresse au reaching dans 30 nœuds de nord-ouest. Pour autant, les conditions promettent de s’améliorer au sud de la Terre de Feu à l’heure où Nandor Fa et Conrad Colman salueront le rocher noir et embouqueront le passage de Drake. « Aux abords du cap, le vent commence à mollir en début de soirée. Le système dépressionnaire qui  se déplaçait vers eux s’évacue ver le sud. Spirit of Hungary va bénéficier de conditions plutôt favorables, 25-28 nœuds de nord-nord-ouest sur une mer très formée mais qui reste maniable. Le vent aura ensuite tendance à faiblir. Nandor et Conrad vont ensuite connaître une période de calme d’une quinzaine d’heures environ », détaille Jacques Caraës.

Depuis Barcelone, le directeur de course ne cache pas son soulagement - « une petite épine du pied en moins » -  de savoir que ce dernier bateau va à son tour mettre le clignotant à gauche et prendre la route retour en direction de Barcelone. Si demain matin, à l’aube du 75è jour de course, toute la flotte sera réunie en Atlantique, elle ne s’en étalera pas moins des 50°Sud aux 20° Nord, que s’apprête à rejoindre Cheminées Poujoulat, poursuivant sa remontée des latitudes engagée le 25 février dernier au large du cap Horn. Fidèle à lui même, le leader progresse toujours sur une trajectoire fluide. Au près dans les alizés établis, Bernard Stamm et Jean Le Cam font cap vers le sud de l’archipel des Açores avant d’entamer, à la latitude de Gibraltar, un long bord au reaching jusqu’à l’entrée de la Méditerranée.

Route nord

Neutrogena, qui ne leur concède désormais plus que 600 milles (contre 1 425 il y a tout juste une semaine), l’a récemment rejoint dans l’hémisphère nord. Guillermo Altadill et José Muñoz ont franchi l’équateur hier dans la soirée (23h18, TU), soit cinq jours après les deux solides et imperturbables chefs de flotte. Le duo hispano-chilien, qui semble avoir attrapé le régime d’alizés dans ses voiles après une traversée du pot au noir de 24 heures environ, devrait être imité d’ici peu par le couple mixte de GAES Centros Auditivos. Anna Corbella et Gerard Marín pointent cet après-midi à une poignée de milles de la latitude zéro qu’ils doivent franchir d’ici peu. S’ils ont franchement repris du terrain sur leurs prédécesseurs ces derniers jours, ils se préparent aussi à connaître un ralentissement d’une journée environ dans la zone de convergence intertropicale ; et à voir, comme le veut un effet classique d’accordéon,  l’écart se creuser à nouveau.

Petit duel entre amis

Plus au sud, Renault Captur, après avoir laissé le Pacifique dans son sillage la semaine dernière, s’apprête à faire ses adieux aux Quarantièmes pour rejoindre des latitudes plus clémentes. Quant aux deux inséparables We Are Water et One Planet, One Ocean & Pharmaton, ils n’ont jamais été aussi proches. Ce dimanche après-midi, par 26° Sud, ils progressent au contact… Et à vue au beau milieu de l’Atlantique Sud ! Gageons en tout cas que si la régate fait rage, les quatre marins espagnols, copains dans la vie, ne boudent certainement pas leur plaisir de poursuivre – au 74è jour de course -  leur premier tour du monde sur le mode d’un petit duel entre amis…