Moins de 500 milles jusqu’à Barcelone

Ce dimanche matin, à 9h30 (HF), Cheminées Poujoulat a franchi la longitude de Gibraltar. Bernard Stamm et Jean Le Cam, qui font cavalier seul en tête de la Barcelona World Race depuis la traversée du Pacifique, ont fait leur retour en Méditerranée. Après un passage rapide du canal qui sépare l’Europe de l’Afrique dans un vent de sud bien établi, ils progressent actuellement dans un flux de sud-est de 5-10 nœuds annoncé plus instable sur les prochaines 24 heures. 

News MARS 22, 2015 16:19

Au dernier classement cet après-midi, ils sont passés sous la barre des 500 derniers milles à parcourir pour rallier Barcelone et boucler la boucle après un tour du monde rondement mené. Le skipper suisse et son complice finistérien sont attendus le mercredi 25 mars dans la matinée sur la ligne d’arrivée au large de la cité catalane.

4-5 jours d’avance

A trois jours de l’arrivée, la perspective d’une éclatante victoire se précise pour le chef de flotte qui affiche quatre-cinq jours d’avance sur Neutrogena, son plus proche poursuivant. D’après les dernières ETA, Guillermo Altadill et José Muñoz doivent en finir leur tour dimanche prochain dans la soirée avec cette grande giration planétaire à travers tous les océans du globe. Suivis par Anna Corbella et Gerard Marín sur GAES Centros Auditivos, ils font désormais cap au nord-est en direction de Gibraltar, qu’ils devraient rallier dans la journée de vendredi.

Plus au sud, la bataille du Pot au noir fait toujours rage entre One Planet, One Ocean & Pharmaton et We Are Water. Aleix Gelabert et Didac Costa, qui s’accrochent comme des beaux diables en 4è position, ont fait leur retour dans l’hémisphère nord ce dimanche après-midi (à 15h20, HF), après 81 jours et 02 heures de course.

Bruno et Willy Garcia, toujours décalés plus à l’ouest, devraient les imiter d’ici peu. Mais avant de rejoindre les alizés, les deux frères de la flotte, flashés à moins de 3 nœuds en plein marasme météorologique, doivent composer avec les caprices et les orages de la zone de convergence intertropicale, qui les piège dans ses filets depuis 48 heures. Les prochains jours diront si leur décalage à l’ouest les autorisera à bénéficier d’un peu plus de pression pour accélérer la foulée dans les alizés et refaire les 100 milles de retard sur leurs prédécesseurs.

Du côté des latitudes sud…

Au large des côtes brésiliennes, les affaires reprennent pour Renault Captur. Jörg Riechers et Sébastien Audigane, qui ont quitté les 20° de latitude sud, ont enfin touché des vents de nord dans leurs voiles. De quoi leur permettre de mettre de l’est dans leur route en direction de l’équateur.

A la latitude de Montevideo, l’équipage de Spirit of Hungary navigue dans des vents de sud-ouest de 15-20 nœuds. Au portant, fort de 300 milles parcourus sur les dernières 24 heures, il doit néanmoins composer avec une mer franchement mal pavée qui rend sa progression périlleuse. Conrad Colman en a d’ailleurs fait la regrettable expérience. Plus de peur que beaucoup de mal – fort heureusement – pour le jeune co-skipper de Nandor Fa qui a fait une violente chute dans le bateau. Résultats des courses de ce vol plané : une épaule luxée en partie remise, et un bel hématome au front. Il a néanmoins déjà retrouvé le sourire. Il espère vite récupérer tous ses moyens pour de nouveau se rendre à 100% opérationnel à bord du  bateau qui ferme la marche de la flotte, à 5 150 milles de l’arrivée. 

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Aleix Gelabert (One Planet, One Ocean & Pharmaton) : « Ces derniers jours, nous avons été un peu sur la brèche. Nous essayons de nous extraire du Pot au noir. Nous sommes contents d’avoir We Are Water si proche de nous, cela nous oblige à tirer un peu plus, aller vite vers Barcelone reste notre objectif final.
Je pense que nous tenons un bon tableau de marche sur ce bateau. La course ne nous paraît pas longue, même si elle l’est évidemment, je ne sais pas trop comment expliquer ça. Dans deux ou trois semaines, nous serons de retour en Méditerranée et à la maison, ce sera parfait !
Nous allons essayer de garder la 4è place, mais We Are Water n’est pas en reste, et cela va être difficile d’accroître notre avance sur lui. Mais le bateau est en bon état, nous n’avons pas de problème avec quoi que ce soit, et pour l’instant nous pouvons avancer à 100%. Nous allons essayer d’aller le plus vite possible, comme nous le faisons depuis le début. »