Le tour du monde de Neutrogena

Guillermo Altadill et José Muñoz terminent à la deuxième place de la Barcelona World Race 2014-2015, cinq jours après l’arrivée du leader Cheminées Poujoulat. La course de Neutrogena, une des équipes favorites de l’épreuve, a été marquée par son arrêt technique en Nouvelle-Zélande pour régler un problème de charge de batteries.

News MARS 30, 2015 16:03

Cette escale s’est soldée au final par un retard de trois jours et demi entre l’arrêt obligatoire de 24 heures minimum, comme spécifié dans les instructions de course, et le détour pour rejoindre un abri. Après avoir rivalisé avec Cheminées Poujoulat pour la tête de course dans l’Atlantique et l’océan Indien, Neutrogena n’avait alors plus guère d’autre choix que de défendre sa 2e place face à l’équipage de GAES Centros Auditivos.

Retour sur les moments forts de la course de Guillermo et José.

Records en Méditerranée

Neutrogena est entré en Atlantique en deuxième position, 15 milles derrière Hugo Boss. De Barcelone à Gibraltar, c’est un nouveau record établi sur ce tronçon. Cheminées Poujoulat et GAES Centros Auditivos pointent à l’entrée du détroit quelque 6 et 13 milles derrière. Le reste de la flotte va se faire piéger par les calmes en mer d’Alboran. Une première cassure est faite.

Le goulot des Canaries

Dans l’Atlantique, la position inhabituelle de l’anticyclone des Açores, bloquant l’ouest de la route, oblige toute la flotte à descendre plein sud vers l’archipel des Canaries. Tout au long de cette descente, la bataille est intense avec Cheminées Poujoulat et GAES Centros Auditivos. Les trois bateaux ont des vitesses comparables et ne sont séparés que de 6 petits milles à l’heure de traverser le parallèle 35°N. A l’exception de l’équipage d’Hugo Boss qui parie sur une route à l’est, les leaders traversent l’archipel entre Fuerteventura et Gran Canaria. Les positions ne varieront que très peu, même après le passage d’un Pot au noir particulièrement clément.

De conserve avec Cheminées Poujoulat en Atlantique Sud

Le Pot au noir dans le sillage, Neutrogena, Cheminées Poujoulat et GAES Centros Auditivos maintiennent la pression sur le leader Hugo Boss jusqu’au 15 janvier, qui marque le démâtage d’Alex Thomson et Pepe Ribes. Petit à petit, Cheminées Poujoulat et Neutrogena prennent l’ascendant sur GAES Centros Auditivos. Le 16 janvier, Guillermo Altadill et José Muñoz prennent la tête de la course avant d’aborder une zone de transition dans l’ouest de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Afin de contourner l’anticyclone et préparer leur entrée dans les mers du Sud, Guillermo et José choisissent de piquer plein sud, à la recherche de vents portants générés par une dépression centrée par 50°S. Cheminées Poujoulat choisit quant à lui de faire route vers l’est par 34 à 35°S.  Bien leur en prend, puisque à la longitude du cap de Bonne Espérance, Bernard Stamm et Jean Le Cam ont une dizaine d’heures d’avance sur Guillermo et José.

Panne d’énergie dans le grand Sud

Dans l’océan Indien Neutrogena navigue en moyenne plus au sud que Cheminées Poujoulat, le long de la zone d’exclusion des glaces définie par la direction de course. L’écart entre les deux leaders reste stable entre 200 et 260 milles.

La situation change du tout au tout, le 10 février, quand Guillermo Altadill annonce que, suite à un problème de charge de batteries, Neutrogena doit se dérouter vers le port de Bluff sur la côte sud-ouest de l’île du Sud de Nouvelle-Zélande, à plus de 600 milles dans le nord-est de sa position. Après réparation et l’observation d’une neutralisation minimum de 24 heures, Guillermo et José repartent avec un débours d’environ 90 heures… Leur deuxième place est menacée par l’équipage de GAES Centros Auditivos qui viendra jusqu’à une dizaine de milles du tableau arrière de Neutrogena.

Un cap Horn plein d’émotion

Quand Neutrogena double le cap Horn la nuit du 28 février, après 58 jours et 14 heures de navigation, Cheminées Poujoulat est à 980 milles devant quand GAES Centros Auditivos pointe à 120 milles. Le moment est particulièrement émouvant pour les deux navigateurs. C’est le septième passage du cap pour Guillermo et le deuxième pour José qui tient à honorer à cet instant la mémoire de son ami, le navigateur chilien Felipe Cubillos avec qui il a accompli son premier tour du monde et disparu tragiquement depuis. Le passage est délicat avec des vents de 40 nœuds et des creux de 4 à 5 mètres.

Une deuxième place consolidée en Atlantique

Le retour en Atlantique est rapide. Neutrogena continue de consolider son avantage et franchit l’équateur avec 200 milles d’avance sur GAES Centros Auditivos. Dans le régime d’alizé de secteur NE de l’Atlantique Nord, Guillermo et José continuent de creuser l’écart sur Anna Corbella et Gerard Marin et se présentent à l’entrée du détroit de Gibraltar avec un gain de 350 milles sur GAES Centros Auditivos.

La Méditerranée à toute vitesse

Le 27 mars, Neutrogena franchit la longitude de Tarifa à bonne allure. Guillermo Altadill retrouve les eaux dans lesquelles il s’est entrainé pour devenir le marin qu’il est devenu, bouclant sa première Barcelona World Race, son septième tour du monde et sa première circumnavigation en double. Pour José Muñoz, ce n’était que son deuxième tour du monde, mais tout aussi riche et chargé en émotions.