Le dernier carré

Tous dans l’hémisphère nord… Après le passage de l’équateur par Nandor Fa et Conrad Colman à bord de Spirit of Hungary, tous les équipages se retrouvent la tête à l’endroit en route pour le dernier tronçon de course jusqu’à Barcelone. Avec encore un dernier pensum, la remontée de l’Atlantique Nord face aux alizés de secteur nord à nord-est. Pas question d’y échapper en tentant le tour de l’anticyclone des Açores. Pour rejoindre Gibraltar, il n’y a pas d’autre choix que de faire du près, du près et encore du près.

News AVR. 2, 2015 18:12

Ces quinze derniers jours sont usants pour les équipiers comme pour le matériel. Le près dans un vent fort à modéré, face aux vagues, implique des mouvements brusques du bateau, des fortes sollicitations sur le gréement, des risques physiques pour les équipiers comme en témoigne l’accident survenu à Anna Corbella au large des Canaries.

Position de force

Avec plus de 120 milles d’avance sur son adversaire direct We Are Water, l’équipage de One Planet One Ocean & Pharmaton peut considérer qu’il dispose d’une petite marge de sécurité. Attention néanmoins : Aleix Gelabert et Didac Costa pénètrent les premiers dans une zone de vents faibles entre Madère et les Canaries et devraient assister à un retour des frères Bruno et Willy Garcia. De quoi mettre un peu de piment dans le duel qui oppose les deux inséparables depuis l’océan Indien… même si la hiérarchie établie risque peu d’être chamboulée.

Coup de frein

En plein Atlantique Nord, Jörg Riechers et Sébastien Audigane se battent contre un adversaire beaucoup plus sournois, les algues. Renault Captur est cerné par les sargasses qui envahissent le pont du bateau, s’enroulent sur les appendices, manquent de casser l’hydrogénérateur et freinent considérablement la marche en avant du tandem franco-germanique. Arrivée prévue sur Gibraltar aux alentour du 12 avril.

Enfin, Spirit of Hungary a franchi le Pot au noir sans trop de difficultés. Il leur reste encore un océan avant de toucher au but. Nandor et Conrad savent que leur plus grand ennemi serait une impatience non contenue. Même si la route est encore longue, il faut savoir parcourir ces derniers milles sans céder aux sirènes qui voudraient que l’on force le destin. Après un tour du monde, heureusement, la sagesse est souvent de mise.