La course au large, sport égalitaire

La FNOB est constituée de femmes et d’hommes qui travaillent pour un objectif bénéfique pour la société en général. Comme il ne pourrait en être autrement, elle soutient les initiatives en faveur d’une réelle égalité sociale, à l’occasion de la journée des femmes et tous les jours de l’année. L’activité de la Fondation est axée sur la voile océanique, l’un des rares sports d’élite dans lequel les femmes et les hommes se battent sur un pied d’égalité, pour un même classement, sans différentiation de genre.

News MARS 8, 2018 09:19

Les navigatrices ont plus que prouvé qu’en mer il n’existe pas de différence entre le masculin et le féminin que ce soit en termes de courage, d’endurance, ou de la capacité de gestion et de stratégie. C’est pour cela qu’elles participent avec les mêmes bateaux et figurent au même classement. La Barcelona World Race, organisée par la FNOB, en est un bon exemple vu qu’elle a toujours compté sur une participation féminine remarquable : Servane Escoffier a participé en 2007/08 et Michèle Paret en 2007/08 et 2010/11; lcette dernière édition comptait d’ailleurs le premier duo entièrement féminin, formé par Dee Caffari et Anna Corbella, et la navigatrice catalane a de nouveau disputé l’édition 2014/15.

Pour la prochaine Barcelona World Race, dont le départ sera donné le 12 janvier 2019, deux femmes ont déjà exprimé leur intention d’y participer : la Britannique Samantha Davies et la Franco-allemande Isabelle Joschke, mais il est possible qu’elles ne soient pas les seules.

Le sillage des pionnières

La Barcelona World Race suit le sillage des pionnières de la voile océanique de compétition. En novembre 1990, Florence Arthaud bouleverse le monde de la course au large en remportant une victoire épique dans la Route du Rhum, la traversée de l’Atlantique de Saint-Malo en Guadeloupe. La navigatrice française, âgée de 33 ans, battait alors le record de l’épreuve à la barre de son trimaran Pierre1er.

La victoire de la Française marquait le début d’une présence ininterrompue des femmes qui ont remporté de grands succès au plus haut niveau de la voile océanique.

Dans le BOC Challenge 1990/91 Isabelle Autissier fut la première femme à boucler un tour du monde, en terminant septième malgré un démâtage lors de la deuxième étape. La Française remporte en 1994 une autre victoire spectaculaire en battant le record New York - San Francisco, via le Cap Horn. En 1996, la Française Catherine Chabaud est devenue la première femme à boucler un tour du monde sans écale en terminant 6e du Vendée Globe, l’Everest de la course au large.

La présence des femmes sur les lignes de départ des grandes courses se démocratise et elles étaient deux au départ du Vendée Globe 2000/01 ; Catherine Chabaud et la britannique Ellen MacArthur, âgée alors de 24 ans. MacArthur réalisait une course extraordinaire en remportant la deuxième place de l’épreuve, à quelques encablures seulement du vainqueur, Michel Desjoyeaux, et l’ayant talonné pendant toute la remontée de l’Atlantique nord.

En 2002, MacArthur remporte la victoire sur la Route du Rhum, quelques douze années après celle de Florence Arthaud sur cette célèbre course transatlantique, affirmant alors une supériorité totale sur le reste des participants, masculins pour la plupart.

La navigatrice britannique n’en reste pas là et passe aux multicoques. En juin 2004, elle bat le record absolu de l’Atlantique nord (en solitaire et en équipage). Un an plus tard, elle pulvérise le record du tour du monde en solitaire, détenu auparavant par Francis Joyon, de plus d’1 jour et 8 heures et boucle la boucle en 71 jours et 14 heures.

En 2008, Samantha Davies, une autre Britannique, marque l’histoire en remportant une extraordinaire quatrième place au Vendée Globe, sur Roxy, un bateau de deux générations antérieures aux nouveaux bateaux de l’époque. Davies a manifesté son souhait de participer à la prochaine Barcelona World Race.

L’année suivante, Dee Caffari, britannique elle aussi, se démarque en réalisant le tour du monde d’Est en Ouest, contre les vents dominants, en solitaire et sans escale. Caffari boucle également le Vendée Globe en 2009 et devient la première femme à terminer le tour du monde en solitaire sans escale dans les deux sens. L’année suivante elle rejoint Anna Corbella dans la Barcelona World Race.

Corbella était déjà devenue la première femme espagnole à réaliser une Mini-Transat et avec Caffari elle fut la première à boucler un tour du monde sans escale. En Espagne, Pilar Pasanau est devenue l’année dernière la première Espagnole à boucler deux Mini-Transat.

Il existe d’innombrables exemples de course au large où les femmes ont prouvé qu’elles naviguent à un niveau égal ou supérieur à celui des hommes. S’il n’y a pas d’avantage de succès féminins, c’est pour une raison statistique : la présence masculine est massivement supérieure en nombre. C’est quelque chose qui doit changer et qui va changer sans aucun doute, lorsque l’égalité réelle entre les deux genres sera atteinte dans la société.