L'aura, l'aura pas ?

Cinq à six heures… c’est toujours ce qui sépare les deux «équipages en lutte pour la quatrième place, un écart ridiculement faible à l’aune du nombre de jours de navigation, l’équivalent de moins de 2 centièmes de secondes sur un 100 mètres de course à pied. C’est dire si la différence est ténue entre One Planet One Ocean & Pharmaton et We Are Water.

News AVR. 6, 2015 17:11

Pourtant Aleix Gelabert et Didac Costa doivent commencer à croire à cette quatrième place qui, de leur propre aveu, n’avait pas vraiment été envisagée au démarrage de leur tour du monde. Mais petit à petit Aleix et Didac ont pris confiance et haussé leurs ambitions au fur et à mesure du déroulement de ce tour du monde. Sur leur vénérable IMOCA 60, conçu à l’origine pour le Vendée Globe 2000 d’Ellen Mac Arthur, les deux bizuths se sont révélés des clients sérieux, forçant au passage l’admiration de la concurrence. Il leur reste un peu plus de 400 milles pour aller au bout de leur rêve, mais à force de culot et de détermination, les voilà en train de damer le pion à des équipages plus expérimentés ou disposant de machines plus performantes. On pourra parler aussi du doigt de la chance qui les a accompagnés parfois, mais c’est aussi la marque des gens talentueux que de savoir convoquer le hasard. Mais la course n’est pas terminée : ces 50 milles d’avance pourraient être une garantie dans beaucoup d’arrivées de courses au large. Mais en Méditerranée, tout peut encore basculer d’un moment à l’autre.

Langueurs océanes

Jörg Riechers et Sébastien Audigane sont enfin en route directe vers le détroit de Gibraltar à bord de Renault Captur. Joint ce matin à la vacation, Sébastien reconnaissait une certaine fatigue morale : quand on est régatier, compétiteur dans l’âme, naviguer en sachant qu’il n’existe plus d’enjeu, sans même pouvoir se confronter à un concurrent direct, tourne vite au pensum. Il faut prendre son mal en patience, rester sérieux et concentré sur l’unique objectif qui reste : rejoindre Barcelone sans encombre. Pour l’équipage de Spirit of Hungary c’est la même problématique, mais deux aiguillons permettent à Nandor Fa et Conrad Colman de rester en mode régate. Chaque jour qui passe est susceptible de fournir de nouveaux renseignements dans la perspective du prochain Vendée Globe du navigateur hongrois et la date butoir de la remise des prix incite les deux coéquipiers à pousser les feux de leur canot pour participer à la fête commune.

Ils ont dit :

Sébastien Audigane (Renault Captur) : « On a viré de bord tout à l’heure, il y a deux ou trois heures, probablement un de nos derniers virements de bord, en tous cas, c’est le dernier virement de bord avant Gibraltar, c’est sûr. Et on a entre 15 et 20 nœuds, on est au près et on marche entre 9,5 et 10 nœuds. Pour l’instant on ne fait pas cap directement vers Gibraltar, mais ça ne va pas tarder parce que le vent va adonner dans la journée et puis on va faire une route en bâbord amure vers Gibraltar qu’on devrait atteindre dans une petite semaine.

On est un peu fatigué, mais surtout moralement parce qu’on n’a pas de concurrent avec qui jouer. Au niveau physique, on est en forme, on dort bien, on n’est pas trop stressé par la concurrence, on fait des bons quarts de sommeil. Il n’y a pas grand-chose à faire sur le bateau à part le faire avancer au près, ce n’est pas trop compliqué. »