Jean Le Cam: “La zone d’exclusion : une zone interdite, point barre ! ”

Plein feu sur les glaces. Ce vendredi 13 février, l’organisation et les skippers de la course, tous engagés contre le changement climatique, ont souhaité mettre à l’honneur le programme développé par la Barcelona World Race en matière de détection des icebergs. Les marins de la flotte, dont beaucoup ont constaté la présence anormale de journées chaudes et ensoleillées dans le Grand Sud, savent qu’ils ont beaucoup gagné en sécurité. Ils peuvent aujourd’hui compter sur les progrès technologiques, ainsi que les moyens développés et le dispositif mis en place dans le cadre de ce tour du monde en double, pour progresser au cœur des latitudes hostiles ; sans courir le risque de croiser ces blocs de glace représentant un risque danger majeur dans leur circumnavigation planétaire. Cette course extrême sur la route des trois caps est aussi un laboratoire grandeur nature pour apporter de précieux éclairages sur le comportement des icebergs en Antarctique et sur les évolutions dues au réchauffement climatique. 

News FÉVR. 13, 2015 18:01

 « En raison du changement climatique, il y a aujourd’hui plus de glace dans l’océan. La glace de l’Antarctique fond et se casse dans des eaux plus chaudes », souligne le météorologue Marcel van Triest, qui travaille en étroite collaboration avec la direction de course sur l’étude des données et images fournies par les experts de CLS. Pour preuve, le gros iceberg  récemment repéré aux abords des îles Crozet. Une position relativement nord, dont il avait fallu tenir compte pour dessiner et ajuster le contour de la zone d’exclusion des glaces, qui ceinture l’Antarctique . « La zone interdite » pour reprendre les mots de Jean Le Cam. Rappelons aussi qu’il y a quelques jours, l’équipage de One Planet, One Ocean & Pharmaton avait, lui, volontairement infléchi sa course au nord, après avoir été alerté de  la présence de trois-quatre icebergs repérés 70 milles plus au sud.

« Lors de mes premiers tours du monde, il n’y avait pas de limites des glaces. Nous sommes descendus très bas vers les 60-61° Sud. Aujourd’hui, la technologie pour détecter les glaces existe. On contrôle beaucoup plus ; et il n’est pas question d’envoyer des marins à ces latitudes », conclut le météorologue.

Ils ont dit

 Anna Corbella (GAES Centros Auditivos) :« Nous n’avons vu aucune glace. J’espère que cela va continuer ainsi. Je pense que la situation est sûre, j’ai confiance dans les personnes qui travaillent dessus. On suit toujours la météo et les rapports sur les glaces, chacun de nous deux, tous les jours. Maintenant, à l’intérieur, nous avons plus chaud que la dernière fois. Aujourd’hui, nous sommes par 50° Sud, mais le soleil a brillé toute la journée. La nuit, il fait très froid, même si la journée c’est moins le cas. »

 Jean Le Cam (Cheminées Poujoulat) :« J’aime bien cette solution de la zone d’exclusion des glaces, qui, contrairement aux portes, permet de mettre une barrière propre et nette. On sait exactement où on en est et on peut jouer avec. C’est beaucoup plus concret, c’est une zone interdite, où tu n’as pas le droit d’aller, point barre ! Ce qui est simple fonctionne.  Ce qui est plus simple est plus lisible. »