Guillermo, José, premières réactions à l'arrivée

Même au coeur de la nuit, ce fut une belle arrivée. Par petit temps, Neutrogena a coupé la ligne d'arrivée devant Barcelone qui brillait de tous ses feux. Sur le pontons, les attendaient les amis, les proches, l'équipe d'organisation, mais aussi les vainqueurs de la course Jean Le Cam et Bernard Stamm ainsi que leurs compagnons d'écurie malheureux Alex Thomson et Pepe Ribes. On imagine que ceux-là se sont racontés de drôles d'histoires de marins. Extraits des premières réactions.

News MARS 31, 2015 10:22

L’arrivée

GA : « Nous sommes heureux, heureux de finir la course et de finir à la deuxième place. C’est plus ou moins l’objectif que nous avions de terminer dans les trois premières places, nous l’avons rempli.

Bien sûr, notre escale technique nous a pénalisés. Nous avions très bien débuté, nous étions très proches de Cheminées Poujoulat et nous avons dû ensuite le laisser partir faire sa propre course. Nous avons fait une très belle course, même si nous avons navigué plus de 1000 milles de la tête de flotte. Mais grâce à dieu, il y avait un très bon skipper à bord, nous avons pu naviguer de nouveau à 100%.

Lors des deux premières éditions de la course, je n’ai  pas pu terminer, sur cette 3è édition je suis heureux d’avoir été capable de terminer et cette deuxième place me rend heureux. »

 

Meilleurs et pires moments

GA : « Le départ, le cap Horn et quand nous avons dû nous arrêter en Nouvelle-Zélande ont été nos bons et mauvais moments. »

JM : « Le départ et ensuite pendant la course vous ne pensez pas à grand chose d’autre que la compétition ; à part l’escale, qui n’a jamais été dans le programme. Le cap Horn, avec un passage près de la maison était mythique, même si malheureusement nous l’avons doublé de nuit, mais cela a été spécial, excitant et enrichissant. »

 

Personnalités complémentaires ?

GA : « José a une patience incroyable. Le plus difficile pour lui, dans cette course, plus que la navigation, a probablement été de naviguer avec moi. Cela a été parfait. Nous nous étions entraînés ensemble et on se connaissait l’un l’autre. Chacun de nous a sa personnalité, comme sur chaque bateau, mais on partageait le même objectif : finir la course. La plupart du temps, tu navigues et tu ne parles que de navigation. Il y a de temps en temps des moments délicieux, mais dans l’ensemble on est resté très concentré du fait qu’il y avait toujours un bateau pas très loin, Cheminées Poujoulat d’abord puis GAES Centros Auditivos.

La cohabitation a été parfaite : bien sûr, il y a toujours des bons moments et des moins bons quand un des deux n’est pas en forme, mais ça passe. José est très patient, c’est un très bon marin et on s’est bien complété. »

JM : « Je ne peux pas me souvenir de tout. La vérité, c’est que nous nous sommes bien partagé le travail. Guillermo s’est attelé à faire marcher le bateau à 100%. Il a son caractère et moi le mien, mais on avait le même objectif de fonctionner de manière pro, et ça a très bien marché. »

 

 

L’impact de la course au Chili

JM : « C’était fantastique pour un navigateur chilien de participer à cette course, de partager cette expérience avec Guillermo qui est un marin incroyable. C’était une nouvelle expérience chaque jour. »

 

Panne de communication

GA : « Depuis le 6 mars, nous n’avons plus aucun contact avec l’extérieur, plus d’informations météo. Dans un empannage l’écoute de grand-voile a arraché toutes les antennes, GPS, satellite, etc. Ensuite on appelait notre équipe une fois par jour sur le téléphone de secours juste pour dire que tout allait bien. On ne savait rien des positions des autres bateaux, de la météo. La direction de course nous a fait des briefings météo très succincts, mais on n’avait plus de quoi faire un routage. On a navigué à l’ancienne. Pour dire vrai, si je devais refaire un tour du monde, j’aimerais bien le faire comme ça.

 

Invercargill, le moment le plus difficile

On a pris cette décision quand on a estimé que l’on ne pouvait pas traverser le Pacifique sans possibilité de recharger nos batteries. On savait qu’on perdait la course à ce moment-là, mais surtout l’opportunité de rester dans le même système météo que les leaders. 200 milles de retard, ça se gère, mais au-delà ce n’est plus possible. Et Jean et Bernard ont vraiment bien navigué. Ils auraient probablement gagné même si nous ne nous étions pas arrêtés. C’est une décision difficile à prendre, mais ça fait partie du jeu.

 

Après trois mois de course, qu’est-ce qui vous manque ?

JM : « Tellement de choses ! Je voudrais voir ma famille, je n’ai pas eu de communications avec eux. On était connecté une ou deux minutes toutes les semaines. J’ai envie d’une bonne douche et d’un bon lit. Et j’imagine qu’au milieu de la nuit, Guillermo va me réveiller pour me dire qu’il faut empanner. Ce ne sera pas facile de revenir dans le monde réel. Je ne sais pas si j’aurai l’occasion de naviguer de nouveau avec Guillermo, mais j’aimerais vraiment le refaire. »

 

En guise de conclusion

GA : « C’est un moment très spécial de finir cette course ici, dans la ville où je suis né. C’est ici que j’ai appris à naviguer, dans cette ville, sur ce plan d’eau, c’est génial de finir un tour du monde ainsi. C’est une des plus grands moments de ma carrière de coureur au large. »