Duel aux Cinquantièmes

Voilà tout juste une semaine - quand Neutrogena est reparti de son escale technique -  que les trois coups du duel animant la course derrière le leader Cheminées Poujoulat ont été donnés. Guillermo Altadill et José Muñoz affichaient alors plus de 600 milles d’avance sur leurs poursuivants au classement. Une semaine plus tard, la météo au large de la Nouvelle-Zélande et la combativité d’Anna Corbella et Gerard Marin ont permis à cet écart de fondre comme neige au soleil. 

News FÉVR. 21, 2015 18:04

Incroyable, mais pourtant vrai. Ce samedi matin, alors qu’ils croisent dans les Cinquantièmes, au beau milieu du Pacifique Sud, moins de 10 milles séparent ces duettistes qui naviguent en zone de bordure d’exclusion des glaces comme s’ils régataient le long des côtes.  Au contact et à vue, ou presque, au cœur du Grand Sud ! Cette promiscuité sur les espaces liquides et désertiques peut paraître surréaliste. Dans ce contexte hostile, loin de toute terre habitée, elle donne toute la mesure de l’intense bataille entre ces deux équipages, sommés de veiller, avant toute chose, à ce qu’aucun problème technique ne vienne enrayer leur belle mécanique

We are Water, nouveau 4è

Dans leur sillage, l’avarie de safran dont est victime l’équipage de Renault Captur provoque déjà quelques chamboulements dans le classement. Au 52è jour de course, les frères Garcia de We are Water se sont hissés en 4è position aux dépens du duo germano-français contraint de se dérouter vers Wellington pour réparer son appendice endommagé. Obligé de ronger son frein dans des vents contraires pour rallier la capitale néo-zélandaise, Sébastien Audigane se tarde aujourd’hui de mettre le pied à terre pour entamer, avec le soutien d’une équipe locale, les travaux dès son arrivée estimée dans la soirée. L’objectif affiché est de repartir au plus vite – et « au taquet ! » - en chasse des autres bateaux de la flotte.  Lundi si tout va bien pour lui et son complice Jörg Riechers, qui envisagent une escale de 48 heures maximum. One Planet, One Ocean & Pharmaton, pointé cet après-midi 420 milles derrière We are Water, aura déjà sans doute pris l’avantage sur la route qui ceinture l’Antarctique.

Bientôt les 1000 milles

A bord de Spirit of Hungary, ce samedi, qui avait pourtant si bien commencé dans des surfs toniques et endiablés, a pris soudain une nouvelle tournure. Ce matin, alors qu’ils progressaient dans 40 nœuds bien établis, Nandor Fa et Conrad Colman se sont de nouveau battus avec le chariot de têtière de grand-voile. Le jeune skipper a dû récidiver au chapitre des acrobaties verticales. Mais cette fois, s’il est parvenu à dégager la voile qui voulait ni descendre, ni monter, le système d’accroche est resté coincé. Dans l’attente d’une amélioration des conditions tempétueuses qui se dégradaient, le duo envisage ce soir la nécessité de faire escale en Nouvelle-Zélande pour réparer cette pièce vitale. Réponse demain quand il aura à son tour fait son entrée dans le Pacifique Sud. Des eaux tourmentées qu’aura bientôt fini de traverser Cheminées Poujoulat, en passe, lui, de franchir la barre des 1 000 derniers milles à parcourir pour rallier la porte de sortie, au cap Horn.