Des réponses à trouver dans l’exploration des milieux marins

« La réponse est dans la nature », c’est le slogan de la Journée mondiale de l’Eau cette année. Les navigateurs océaniques le savent bien et la FNOB continue d’œuvrer pour l’exploration des milieux marins et les enseignements qui en découlent. 

News MARS 22, 2018 09:46

La prochaine Barcelona World Race renforcera cette démarche au moyen de nouveaux projets océanographiques et initiatives liées à la recherche sur le climat, pour développer encore les connaissances sur les océans, la nature et la vie. 

Il n’y a qu’une eau sur Terre. Plus de 1,38 milliard de kilomètres cubes (km3), quasi inaltéré depuis la formation de notre planète. L’eau de mer représente 96,5 % de cet immense volume, c’est-à-dire environ 1,331 milliard de km3

Notre eau douce est issue d’un cycle qui débute par l’évaporation de l’eau des océans. Ce processus est déclenché par l’absorption de la moitié de l’énergie solaire parvenant à la surface terrestre. L’eau évaporée passe dans l’atmosphère où elle occupe près de 12 900 km3, soit 0,001% de l’eau de la planète. C’est une proportion minuscule des ressources totales d’eau, mais elle est vitale pour nous : une partie, après condensation ou congélation, revient à la surface de la Terre sous forme de pluie, de neige ou de grêle, permettant ainsi la vie.

À l’échelle de la planète, le cycle de l’eau est un élément parmi d’autres, mais son importance est colossale à l’échelle de la biosphère, et ses altérations, si petites soient-elles, ont un impact très significatif : les sécheresses, les inondations, les ouragans les typhons, la fonte des glaces… sont des phénomènes dont l’intensité et la fréquence sont en train de changer de façon considérable et dont la communauté scientifique a encore beaucoup à apprendre. 

Le changement climatique provoque aujourd’hui une altération du cycle de l’eau, dont l’impact se fait ressentir sur l’atmosphère et ailleurs. La fonte des glaces aux pôles est responsable non seulement d’une inquiétante augmentation du niveau de la mer mais aussi de l’altération des courants marins, et de l’avis des océanographes, les conséquences sont encore incertaines dans la mesure où ces mouvements océaniques conditionnent aussi bien les précipitations que la force et la trajectoire de phénomènes météorologiques extrêmes. Ils sont également clé pour l’équilibre de la faune marine.

D’autre part, la science a prouvé depuis plusieurs décennies que les océans absorbent du CO2 de l’atmosphère, gaz principal dans le processus d’effet de serre. L’eau de mer contient cinquante fois plus de CO2 que l’eau contenue dans l’atmosphère. Le CO2 est un gaz acidifiant et les calculs montrent que, depuis le début du XIXème siècle, il a engendré une augmentation du pH des océans passant de 8,17 à 8,10 et, si les émissions de CO² ne diminuent pas, ce pH pourrait atteindre 7,95 en 2050 (le pH 7 est neutre, inférieur à 7 il est acide, et supérieur à 7, il est basique ou alcalin). Plus l’eau de mer est alcaline, plus elle capture de CO2. Les scientifiques craignent alors que ce processus d’acidification ne paralyse un jour la capacité de l’océan à capturer du CO2, avec pour conséquence une accélération du changement climatique et d’autres qui sont encore difficiles à prévoir à l’heure actuelle. 

Nous devons accroître nos connaissances des milieux marins, de leur dynamique et de leur réaction à la pollution. Cela est indispensable pour trouver des réponses et des solutions permettant de modérer le changement climatique et de nous y adapter, et de protéger nos ressources en eau, élément essentiel à la vie. La voile océanique, et notamment les tours du monde, représentent un banc d’essais sans pareil pour les projets de recherches scientifiques sur ces questions. Depuis sa création, c’est l’un des axes de travail principaux de la FNOB.