Demain est un autre jour

Il faut savoir prendre le bon côté des choses. A bord de Spirit of Hungary, Nandor Fa et Conrad Colman ont décidé de faire leur, cette philosophie de vie. Peu épargnés depuis le début de la course, les deux marins ont beau accuser un retard de 1600 sur leur plus proche concurrent, ils n’en continuent pas moins de profiter de ce tour du monde.

News MARS 5, 2015 17:55

C’est l’occasion de se reposer, de communiquer avec les proches, de faire un check-up du bateau. A un moment la roue tournera et le tandem pourra reprendre sa course en avant vers le cap Horn.

Ne jamais renoncer

Pour d’autres, c’est la grinta qui servira d’exutoire. A bord de Neutrogena, Guillermo Alatadill et José Muñoz ne semblent pas décidés à naviguer pavillon bas. Malgré le coup du sort qui dresse cette barrière anticyclonique entre eux et les leaders, les deux navigateurs continuent d’exploiter la moindre veine de vent. Pour preuve, ils étaient les plus rapides au classement de 14h TU. Même si il y a de fortes chances que le vent ne les porte pas très longtemps, chaque mille gagné sur l’adversité est bon à prendre. D’autant que les deux navigateurs devront garder un œil sur GAES Centros Auditivos qui ne va pas manquer, si l’opportunité se présente, de jouer son va-tout sur une route franchement divergente.

A l’ouest du nouveau

A l’ouest du cap Horn, on commence à penser au week-end qui s’annonce. Samedi ce sera jour de fête pour les deux équipages bizuths de cette Barcelona World Race qui auront peut-être la chance d’apercevoir les hauteurs de la Terre de Feu. A l’arrière d’une dépression, les quatre navigateurs peuvent espérer un ciel de traîne et peut-être un plafond dégagé pour apercevoir les sommets enneigés de la Cordillère des Andes. Derrière le cap Horn, We Are Water et One Planet One Ocean & Pharmaton devraient pouvoir embouquer le détroit de Le Maire entre la côte et l’île des Etats. Pour Renault Captur, ce ne sera pas avant lundi : Sébastien Audigane et Jörg Riechers ont actuellement suffisamment à faire avec leur safran de rechange dans une mer particulièrement abrupte aux dires mêmes des deux navigateurs, pour repousser à dimanche leur réflexion sur l’approche du Horn.

Dernière transition australe

A bord de Cheminées Poujoulat, le Horn est déjà rangé dans le tiroir à souvenirs. Bernard Stamm et Jean Le Cam ont encore une ultime transition à négocier avant d’attraper l’autoroute des alizés qui devrait les mener dans quatre jours à l’équateur. Quatre jours, de vents tièdes, de soleil, d’été austral… quasiment des vacances avant le franchissement du Pot au noir et la remontée progressive vers un hiver qui se meurt, laissant la place au printemps. Heureusement que dans les mers du sud, l’été austral n’a rien à envier aux hivers bretons… Sinon, nos deux compères auraient fini par en perdre toutes leurs marques.

PFB

 

Ils ont dit :

Conrad Colman (Spirit of Hungary) : « On fait attention à ne pas franchir la zone d’exclusion pour l’Antarctique, les petits glaçons dans le Sud. Et du coup, on a un dos d’âne sur la route devant nous. On a bien ralenti et il n’y a vraiment pas grand-chose à faire. C’est très difficile question météo, on n’a pas de possibilité de prendre une option vers le sud parce que on est bloqué par la zone d’exclusion et vers le nord ça rajoutait trop de milles.

Pour moi, cette course c’est une préparation pour un peut-être futur Vendée Globe. J’ai fait des efforts dans ce sens. J’ai changé ma vie entièrement pour le Vendée. Je suis venu en France en 2008-2009 pour ça. »

José Muñoz (Neutrogena) : « Malheureusement, le vent n’est pas terrible. On espère que celui qui va rentrer va nous être plus favorable. Mais bon, c’est comme ça. Aujourd’hui on doit naviguer en face de Buenos Aires et Mar del Plata. On avance un peu lentement, mais c’est comme ça. On essaye d’aller le plus vite possible et notre idée c’est de donner le meilleur de nous-mêmes. On a un bon bateau, et j’ai un excellent skipper. On essaye de trouver la meilleure route possible pour avancer vite et arriver à la meilleure place possible à Barcelone.

Je n’étais pas pressé de quitter les mers du Sud, avant tout parce que c’est chez moi, c’est mon pays, même si il fait froid. J’ai pu parler avec la marine chilienne quelques jours avant d’arriver au cap Horn et ils nous ont dit qu’ils nous attendait…»