Délivrance

La nuit n’a pas été douce pour Renault-Captur qui a encore essuyé des vents forts, jusqu’à 55 nœuds établis. Ce matin, à 5h TU, Jörg Riechers et Sébastien Audigane progressaient dans des vents de sud – sud ouest de 25 à 30 nœuds. Ayant laissé les îles des Etats à bâbord, ils se trouvaient à mi-distance des Malouines, 80 milles dans leur nord. Six bateaux sur les sept de la Barcelona World Race auront alors rejoint l’océan Atlantique.

News MARS 11, 2015 07:03

Cheminée Poujoulat allonge la foulée dans des alizés de nord-est de 15 nœuds ce matin et devrait atteindre la latitude de l’archipel du Cap Vert, vendredi 13 mars dans l’après-midi. Son premier poursuivant, Neutrogena se retrouve tiré par devant à mesure qu’il progresse vers le nord, les vents de nord-est se construisant doucement. Progressant 1 nœuds plus vite que GAES Centros Auditivos, Guillermo Altadill et José Muñoz devraient atteindre l’équateur le 15 mars vers 01h30 TU, devançant d’une journée Anna Corbella et Gerard Marindans l’hémisphère Nord. Ces deux bateaux ont ainsi perdu quelque deux jours sur le leader Cheminées Poujoulat qui les avait précédé de trois jours au cap Horn.

Derrière, peu de changement. A la latitude de 45-46°S, We are Water et One Planet One Ocean cavalent à plus de 16 nœuds ce matin dans des vents de nord-ouest assez costauds, 30-35 nœuds. Une trentaine de milles les sépare sur une route identique vers le nord-est, longeant toujours la zone d’exclusion des glaces. Dernier bateau dans l’océan Pacifique, Spirit of Hungary profite toujours d’un système dépressionnaire dans son sud qui le fait avancer à 15 nœuds vers le cap Horn, où il est attendu le 14 mars. La vigilance est de mise pour Nandor Fa et Conrad Colman, qui longent la zone d’exclusion antarctique dans une zone où une petite remontée d’eau froide a été révélée, sans repérage de glaces.

« Bomba Meteorologica » 

Sébastien Audigane (Renault Captur) dans un message, la nuit dernière: « Ce Cap Horn aura été chaud bouillant pour Renault Captur, d'ailleurs à l'heure où je vous écris, accroché à mon siège il y a encore 40/50 nœuds avec des rafales à 60 nœuds. Nous sommes quasiment en fuite à l'arrière d'une dépression qualifiée par certains météorologues de « Bomba Meteorologica ». Le Cap Horn, la délivrance des Mers du Sud, nous l'avons passé juste devant le front, le vent commençait à monter et à 1,5 milles de la côte, des grosses risées nous sont tombées dessus, combinées avec des belles vagues, c'était parfait. Mais dans la baie d'après, le vrai gros vent s'est installé et la première risée à 71 nœuds nous a envoyés au tapis direct. Heureusement ça n'a pas duré, nous avons pu rouler le J3 et refaire route au portant avant que cela s'installe à 50 nœuds, rafales 60.

Jorg rentre dans la légende des cap-horniers et pourra désormais pisser au vent comme le dit la chanson. Pour moi, c'est le quatrième et ma foi, le plus compliqué et le plus stressant en raison de la situation météo, et d’un bateau blessé qui nous oblige à une grande vigilance. Les mers du Sud auront été fidèles à leur réputation, ventées, très, très ventées. L'océan Pacifique ne nous aura pas épargné, un safran, un demi-tour avec arrêt technique, une première dépression qui nous sépare de nos adversaires et enfin cette "Bomba meteorologica" qui nous assomme un peu. Avec ça, nous allons surtout essayer d'arriver sans encombre à Barcelone, et pourquoi pas très proche (voire mieux) de nos concurrents.

En attendant, on ne fait pas les malins, on est limite lay-line avec l'est de l'ile des Etats qu'il va falloir gérer. »