Décès de Florence Arthaud, pour toujours « la Petite fiancée de l’Atlantique »

L’une des grandes navigatrices françaises, Florence Arthaud, 57 ans, est décédée lundi dans un accident d’hélicoptères lors d’un tournage d’une émission télé en Argentine. Le drame a causé la mort de dix personnes, dont deux autres sportifs français, la nageuse Camille Muffat et le boxeur Alexis Vastine. Toutes les équipes de l’organisation de la Barcelona World Race ont été très touchées par le drame et adressent leurs sincères condoléances aux familles et aux proches de Florence Arthaud et des victimes.

News MARS 10, 2015 09:51

Le 18 novembre 1990, Florence Arthaud avait gagné pour toujours le surnom de « Petite fiancée de l’Atlantique ». Agée alors de 33 ans, elle avait bouclé en vainqueur, ce soir là à Pointe-à-Pitre, la quatrième édition de la Route du Rhum (en 14 jours 10 heures et 10 minutes), prestigieuse transatlantique en solitaire. Son parcours à bord de son trimaran Pierre 1er avait été semé d’embûches : son pilote automatique et sa radio l’avaient lâchée, et elle avait souffert d'une hernie cervicale sur une partie de la course. Ce triomphe la fait connaître en France et lui vaut d’être élue Championne des champions français par le journal L’Equipe.

Fille de Jacques Arthaud, éditeur des récits de grands marins, elle avait plongé tôt dans le monde du large et c’est auprès des grands navigateurs qu’elle avait fait ses gammes. En 1986, sur la Route du Rhum, Florence Arthaud s’était déroutée pour porter assistance à Loïc Caradec. La mer était déchainée et elle avait été la première à trouver le catamaran Royale II sans signe de vie du skipper. Une disparition en mer qu’elle avait failli vivre, le 29 octobre 2011. Lors d’une navigation de nuit au large du cap Corse, elle tomba à l’eau. Elle a dû sa survie à son téléphone portable étanche qui lui permit d’appeler sa mère. Les secours la retrouvèrent consciente mais en état d’hypothermie.

Florence Arthaud avait couru avec les plus grands marins français dont Bruno Peyron et Loïc Péan. Elle avait beaucoup navigué en double avec Jean Le Cam, avec lequel elle prendra la seconde place de la Transat Ag2R en 1996. Vivant entre Paris et Marseille, elle s’était éloignée de la course au large mais fréquentait toujours avec passion les pontons. «J'ai eu une vie de patachon et d'aventurière», revendiquait-elle. « Elle reste quand même un monument », soulignait au journal Le Monde, en 2009, Jean Le Cam.