Dans l’enfer du Horn

Les conditions restent dantesques pour Renault Captur, qui a doublé le cap Horn à 11h48 TU ce matin, avec des rafales jusqu’à plus de 60 nœuds cet après-midi. Cheminées Poujoulat a établi un temps express entre le cap Horn et l’équateur, de 12 jours 19 heures et 57 minutes, et la transition dans le Pot au noir s’annonce rapide. Moins de 3000 milles séparent désormais le leader de Barcelone.

News MARS 10, 2015 17:32

Les conditions sont probablement les plus rudes jamais affrontées par un concurrent de la Barcelona World Race. L’Allemand Jörg Riechers et le Français Sébastien Audigane qui ont contourné le troisième cap du parcours planétaire dans 35-40 nœuds de vent d’ouest – nord ouest et une mer alignée, ont vu les vents forcir adonnant à l’ouest. « Le cap Horn, l’antichambre de l’enfer ? », s’interrogeait Jörg Riechers hier. Le duo n’en est pas loin, affrontant cet après-midi des conditions périlleuses, avec des rafales jusqu’à plus de 60 nœuds et une mer déchaînée très peu de temps après le rocher, en direction du détroit de Le Maire.

Renault Captur est le sixième bateau de la flotte à faire son retour en Atlantique. En tête, les leaders Bernard Stamm et Jean Le Cam à bord de Cheminées Poujoulat avaient montré la voie le 25 février à 00h53 TU. Hier, à 20h50 TU, ils ont franchi l’équateur pour retrouver les eaux de l’hémisphère nord soit 12 jours 19 heures et 57 minutes après le Horn, améliorant de plus de deux jours le temps de Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron sur Virbac Paprec3 (15 jours 01 heure et 50 minutes) lors de la dernière édition.

Quinze jours à tenir ?

Il s’agit d’un temps référence pour un IMOCA puisque les deux fringants quinquagénaires font mieux que François Gabart lors de son Vendée Globe record de 2013 (13 jours 19 heures 21 minutes). Désormais à moins de 3000 milles de Barcelone, la transition dans le Pot au noir devrait se faire rapidement, comme si les portes météo s’ouvraient favorablement sur leur passage. Actuellement au large de Sao Paulo, Neutrogena (Altadill / Muñoz) et GAES Centros Auditivos (Corbella / Marín ), séparés de 165 milles, progressent dans des alizés de nord – nord est peu actifs mais qui devraient se renforcer dès demain. A l’exception de ces deux poursuivants, les autres concurrents sont désormais plus éloignés de Cheminées Poujoulat… que ne l’est Barcelone qui pourrait être atteint d’ici quinze jours, selon les routages consultés par Jean Le Cam.

Bord à bord

Toujours aussi inséparables, We Are Water (Bruno et Willy Garcia) et One Planet, One Ocean & Pharmaton (Aleix Gelabert et Didac Costa) progressent dans de bonnes conditions et bord à bord sur des routes parallèles, distants de 50 milles en latéral. En fin de procession, à plus de 5800 milles des leaders, Nandor Fa et Conrad Colman à bord de Spirit of Hungary progressent toujours rapidement dans le Pacifique, en bordure de la zone d’exclusion. Ils doivent faire route vers l’est au nord d’un système dépressionnaire costaud qui les accompagnera jusqu’au Horn, où ils sont attendus le 14 mars dans l’après-midi.