Coup de bluff ou vrai fantôme ?

Deux bateaux manquent, ce vendredi, à l’appel dans les premières lignes du classement de la Barcelona World Race. Hugo Boss d’abord, après son démâtage l’obligeant à signifier son abandon. Neutrogena ensuite, qui a choisi d’abattre un joker en activant le mode furtif.  Dans un contexte où la course prend un tour très tactique, il a choisi de disparaître des écrans. Alors que se profile la perspective de bientôt frayer son passage dans le dédale des calmes de l’anticyclone, ce bateau fantôme d’un jour va-t-il poursuivre sur sa trajectoire ? Ou va-t-il se démarquer et emprunter un autre chemin ? Mystère !... Réponse demain matin, à 9h TU.

News JANV. 16, 2015 18:54

Le mode furtif (Ghost Mode) est l’une des spécificités de la Barcelona World Race, dont les règles de course prévoient de laisser une large place à la tactique pure pour mieux attiser la régate qui se trame autour du monde. Sur cinq portions du parcours, les équipages ont la latitude de passer une fois en mode furtif, et ce pour 24 heures. S’ils restent suivis par la direction de course pour des raisons évidentes de sécurité, ils sont autorisés à ne plus être pointés dans les classements ; et par la même à se volatiliser sur les écrans de leurs concurrents, comme ceux du public. En quelque sorte, ils peuvent se déguiser en bateau fantôme une journée entière. Et c’est, justement ce à quoi ont choisi de jouer Guillermo Altadill et José Muñoz, alors qu’ils croisaient le fer avec Bernard Stamm et Jean Le Cam à l’approche délicate de la grande zone anticyclonique de l’Atlantique Sud. 

L’anticyclone, maître du jeu

Aujourd’hui, par la force des choses, Cheminées Poujoulat ouvre officiellement la route vers ce vaste obstacle aux évolutions incertaines, qui leur fait, depuis quelques jours déjà, de sacrés nœuds au cerveau. L’équipage franco-suisse poursuit sa trajectoire au sud dans des vents qui commencent à mollir. C'est en tout cas ce que laisse deviner sa vitesse en baisse depuis quelques heures. Les dernières prévisions météo le confirment : cette zone de hautes pressions, véritable maître du jeu  en approche des mers australes, a tendance à s’étendre. Elle menace autant de ralentir les équipages dans leur progression, qu’elle les oblige à franchement plonger au sud avant de pouvoir espérer se glisser en dessous.

Pour Anna Corbella (GAES Centros Auditivos), toujours bien accrochée aux avant-postes aux côtés de Gerard Marin, ce système ne laisse que peu de choix en termes stratégiques, et loge la flotte à la même enseigne : celle de l’incertitude générée par cette masse anticyclonique, peu encline à laisser la porte des Quarantièmes grande ouverte. Pas étonnant donc que Neutrogena active son mode furtif, ne serait-ce que pour tromper ses adversaires ; ou que les trajectoires commencent à diverger.

Au plus court ?

Comme celle de Renault Captur notamment, qui progresse en milieu de flotte à la latitude de Salvador de Bahia et se rapproche de la bordure nord du système. Jörg  Riechers et Sébastien Audigane ont franchement infléchi leur trajectoire à l’est, suggérant qu’ils tentent de couper au plus court. Mais cet après-midi, ils ont averti la direction de course qu’ils rencontraient un problème au niveau du rail de grand-voile. Petit souci technique qu’ils espèrent vite résoudre pour reprendre leur marche aux détours de Sainte-Hélène. Aux trousses de Cheminées Poujoulat, GAES Centros Auditivos, et autre bateau fantôme…