Conrad Colman, le retour de l’irréductible

Après une performance spectaculaire sur le dernier Vendée Globe, où il est devenu le troisième solitaire de l’histoire à boucler le tour du monde sous gréement de fortune, Conrad Colman prépare son retour sur la Barcelona World Race. Celui qui s’est imposé comme l’un des meilleurs communicants de la course peaufine aujourd’hui les détails de son projet qui le mènera sur la ligne de départ le 12 janvier 2019.

News JANV. 29, 2018 10:06

Lors du dernier Vendée Globe, Conrad Colman (Auckland, 1983) a marqué de son empreinte le temple de la course océanique que sont Les Sables d’Olonne et entamé un nouveau chapitre de l’histoire du tour du monde. Il a rejoint le clan des irréductibles skippers solitaires ; ceux qui repoussent les limites de l’héroïsme toujours plus loin, redoublant d’ingéniosité et livrant jusqu’à la dernière goutte de sueur pour gravir le sommet de cet Everest de la course au large. Conrad Colman a inscrit son nom sur le tableau d’honneur de la cité vendéenne en tant que troisième skipper à boucler la grande boucle sous gréement de fortune. Avant lui, seuls Philippe Poupon en 1993 et Yves Parlier, qui en 2001 avait réparé son mât dans une crique de Nouvelle-Zélande, étaient parvenus à réaliser cet exploit.

Abandonner ? Jamais ! 

L’IMOCA60 Foresight Natural Energy démâte à 700 milles nautiques de l’arrivée suite à une rupture d’étai, et le néo-zélandais mettra deux jours à fabriquer de toutes pièces un gréement de fortune, utilisant la bôme, un morceau de sa grand-voile et son tourmentin. Il rejoindra le port des Sables d’Olonne après 12 jours de mer à se débattre entre les zones sans vent et les tempêtes. Lorsqu’il franchit la ligne d’arrivée, après 110 jours de course, Conrad a épuisé l’ensemble de ses vivres et des rations de survie de son radeau de sauvetage, mais il est allé au bout ! « J’ai trouvé la force de relever tous ces défis et je suis parvenu à terminer la course. C’était mon objectif.  

Professionnel du gréement et des voiles avant de devenir coureur au large, Conrad avait déjà prouvé ses capacités à faire face à l’adversité lors de la dernière édition de la Barcelona World Race. Co-équipier de Nandor Fa à bord de Spirit of Hungary, il avait déjà géré nombre d’incidents et avaries sur le mât. Il s’était même improvisé « médecin » lorsqu’il avait dû recoudre une blessure à la tête de son co-skipper hongrois. Pendant la course, le Néo-zélandais s’était particulièrement distingué par ses excellentes chroniques de bord et par sa sympathie contagieuse lors des visio-conférences, ce qui a fortement contribué à développer sa popularité auprès des fans. 

Colman commence à naviguer dans son pays d’origine – en Nouvelle-Zélande – avant de partir aux États-Unis pour faire des études d’Économie. Plus tard, il s’installe à Lorient, France, où il entame sa carrière de navigateur en solitaire et participe à la Mini-Transat en 2009. Un an plus tard il rejoint la Classe 40’ et s’aligne sur la Route du Rhum. Il connaît ses premiers grands succès sur ce support avec une superbe victoire sur la Global Ocean Race en 2012 suivie d’une seconde place sur l’Atlantic Cup en 2013. Il gravit une nouvelle marche en intégrant la Classe IMOCA et obtient une septième place sur la Barcelona World Race 2014-15 avec Spirit of Hungary.

Le 14 juin dernier, il est membre du Conseil d’administration IMOCA qui se réunit à Barcelone pour la première fois : « Le nouveau format de la Barcelona World Race est excellent, il va permettre de capter une nouvelle audience et devrait attirer de nombreux skippers » - nous a-t-il dit au siège de la FNOB.  « Dans le calendrier de la Classe IMOCA, les deux tours du monde se complètent parfaitement, et aujourd´hui nous avons travaillé pour optimiser les bénéfices de ces deux événements. Bien évidemment, j’espère être sur la ligne de départ le 12 janvier 2019 ».  À bientôt Conrad!