Chassés croisés

Depuis qu’ils sont entrés dans l’océan Pacifique, le cap Horn hante l’esprit des concurrents. Dernière des trois marques symboliques d’un tour du monde, il porte en lui le plus de légendes. La violence de ses vents et de ses eaux appelle plus qu’ailleurs à l’humilité, au respect. À 525 milles de là, Bernard Stamm et Jean Le Cam semblent vouloir l’aborder par la face nord, en longeant la côte chilienne. Le contournement, c’est pour demain, vers 19h-20h TU. Pour d’autres, l’heure n’est pas encore à la fin des mers du Sud. Renault Captur est reparti de Nouvelle-Zélande avec, en ligne de mire, One Planet One Ocean et We Are Water, ralentis par des systèmes anticycloniques. 

News FÉVR. 23, 2015 17:34

Croire à un retour possible. Revenir à la place abandonnée sous contrainte technique. Le défi proposé à Jörg Riechers et Sébastien Audigane est de ceux qui alimentent la combativité. Le 18 février dernier, les deux marins, quatrièmes alors de la Barcelona World Race, mettaient leur course entre parenthèses, pour exécuter un demi-tour amer et se diriger vers la Nouvelle-Zélande. Ce petit matin là (à 5h TU), ils comptaient alors 1185 et 1752 milles d’avance respectivement sur les équipages de We are Water et de One Planet, One Ocean & Pharmaton.

Repartis ce matin de Wellington, leur safran tribord réparé, ils pointent à quelque 627 milles d’Aleix Gelabert et Didac Costa et à 837 milles de Bruno et Willy Garcia. Les centres anticycloniques qui ralentissent depuis plusieurs jours la progression de ces deux bateaux pourraient favoriser le dessein de Renault Captur. Le duo germano-français a entamé sa descente vers le sud, sans la pression d’un éventuel rapprochement avec un troisième bateau. Quelques heures plus tôt, Spirit of Hungary avait, à son tour, déjà pointé l’étrave vers la Nouvelle-Zélande pour effectuer des réparations sur son chariot de têtière de grand-voile.

Près de 19 000 milles à 14,6 nœuds de moyenne

De chasseur à chassé, Neutrogena connaît la musique. Premiers à avoir effectué un arrêt technique en Nouvelle-Zélande le 13 février dernier, Guillermo Altadill et José Muñoz qui pourchassaient le leader deux jours plus tôt, à quelque 230 milles de Cheminées Poujoulat, étaient repartis lestés de 932 milles avec GAES Centros Auditivos sur les talons. Les deux bateaux se tiennent depuis plusieurs jours en moins de 60 milles et devraient contourner le cap Horn, à quelques heures d’écart, dans la nuit du 27 au 28 février.

Cheminées Poujoulat les aura précédés de trois jours environ. Un minimum nécessaire pour garder son rang si durement travaillé, lorsque la nécessité impose une escale à terre. Voici 38 jours ininterrompus que Bernard Stamm et Jean Le Cam mènent la flotte. Aux deux-tiers du parcours mais avec 18 926,78 milles réellement courus depuis le départ, ils ont couvert, à la vitesse moyenne de 14,6 nœuds, près de 800 milles de plus que Neutrogena et GAES Centros Auditivos, à la même moyenne de 14 nœuds.