Belles cadences, grandes espérances

Chose promise, choses due. Après avoir plongé au sud pour contourner Sainte-Hélène, les leaders de la Barcelona Word Race ont touché des vents de nord-ouest  sur une mer relativement plate, à l’avant d’un front froid. Des conditions idéales pour illico presto passer la vitesse supérieure. En tête, Cheminées Poujoulat, qui a pris un petit avantage sur Neutrogena, ouvre la route vers le cap de Bonne Espérance, où il est attendu d’ici les six-sept prochains jours.

News JANV. 18, 2015 17:03

A l’attaque dans les Trentièmes… fumants !  Ce dimanche matin, Bernard Stamm et Jean Le Cam font parler l’écume ; et ça fume à l’étrave de leur monocoque IMOCA. Les vitesses du bateau jaune et noir, de l’ordre du 18-19 nœuds au petit jour, le confirment. Le couple franco-suisse ne boude pas son plaisir de titiller à nouveau son speedo. Si cet après-midi, il a un peu freiné l’allure, il a la garantie de continuer à progresser à belles enjambées jusqu’à demain soir. Et de poursuivre, sur un tempo soutenu, en direction des Quarantièmes tout au long de la semaine prochaine.

La belle en duel

Ce dimanche, on devine que le Sud et l’appel des latitudes plus lointaines commencent à se faire sentir. En tête, une nouvelle course débute en approche des mers australes dans des conditions qui permettent de créer de premiers écarts. Toujours bien installé en 3è position, GAES Centros Auditivos, le premier, voit les duettistes aux avant-potes s’échapper. Anna Corbella et Gerard Marin, décalés au nord, n’ont pas touché la primeur du flux de vents propice à la glisse. Ce soir, bien qu’ils progressent dans le même système météo, ils concèdent plus de 135 milles.

Plus en arrière, les autres équipages ne peuvent que constater que les leaders ont bel et bien accroché une brise musclée (NO 20-25 noeuds sur les fichiers) qui leur permet de se faire la belle. A bord de Renault Captur, Jörg Riechers souligne que les duos de l’avant risquent à présent d’être bien difficiles à rattraper. Mais à chaque jour suffit sa peine. S’il se prépare à ronger son frein au passage de la zone anticyclonique qui jalonne sa trajectoire non loin de la route directe, le skipper allemand se réjouit, aujourd’hui, d’avoir résolu sa sérieuse avarie au niveau du rail de grand-voile. Ce dimanche, avec son complice Sébastien Audigane, il se félicite de mener un bateau de nouveau paré à affronter des vents et une mer plus extrêmes.

Au rythme des alizés

Plus en arrière, alors qu’ils progressent toujours dans des conditions de rêve au large des côtes brésiliennes, les duos de We are Water et One Planet, One Ocean & Pharmaton se préparent également à faire leur entrée dans des contrées plus hostiles. L’heure de faire le grand saut dans l’inconnu à la découverte du Pays de l’Ombre se rapproche à grands pas en périphérie de Sainte-Hélène. La nuit, les températures commencent déjà à fraîchir. Pour Spirit of Hungary, qui progresse à l’entame de l’Atlantique Sud, la route est encore longue. Aux premières loges pour mesurer les écarts qui les séparent des leaders, le doyen et le benjamin de la flotte n’en apprécient pas moins de commencer à dévaler les latitudes dans un alizé bien établi. C’est parti pour la conquête du Sud !  Un défi océanique, qui s’est malheureusement trop vite dérobé sous l’étrave d’Hugo Boss, qui a rejoint Salvador de Bahia. Ce matin, Alex Thomson et Pepe Ribes sont arrivés à bon port, le mât et le cœur toujours en berne.