Bassins de décantation

Naviguer en Méditerranée, c’est aussi faire l’apprentissage de la patience. Alors qu’un boulevard semblait hier s’ouvrir devant eux, Guillermo Altadill et José Muñoz ont dû batailler une bonne partie de la nuit dans des vents variables faibles. A quelques milles des côtes espagnoles, l’équipage de Neutrogena s’est escrimé à chercher la risée salvatrice qui leur permettrait de sortir de cette zone de transition entre les régimes de vents de la mer d’Alboran et les vents de nord-ouest qui sévissent sur les côtes catalanes.

News MARS 29, 2015 18:04

Visiblement, les deux hommes en ont pris leur parti. Lors d’une brève conversation avec la direction de course, Guillermo Altadill affichait une évidente sérénité. Il leur faudra encore négocier le passage devant l’embouchure de l’Ebre, près de Tarragone, où la topographie locale est à l’origine de fréquentes et vastes zones sans vent. Mais la situation est claire : la deuxième place ne peut pas leur échapper, sauf accident imprévu.

Pour GAES Centros Auditivos, entré en Méditerranée à 16h55, le passage des colonnes d’Hercule s’avère poussif. A l’approche du détroit de Gibraltar, le vent a lâché Anna Corbella et Gerard Marin qui n’avancent plus qu’à 5 nœuds. Pour eux, aussi, le passage en Méditerranée ne pourra pas provoquer de surprise, compte tenu de l’avance dont ils disposent. Ils devraient donc logiquement compléter le podium de cette troisième édition de la Barcelona World Race.

Aleix et Didac du bon côté du manche

Entre One Planet One Ocean & Pharmaton et We Are Water, la messe n’est pas encore dite, même si Aleix Gelabert et Didac Costa ont pris une sérieuse option sur la quatrième place aux dépends des frères Garcia. Les deux équipages ont pu mettre un petit peu d’est dans leur cap. Et surtout, la rotation du vent vers la droite avantage de nouveau Aleix et Didac, positionnés plus au vent que leur concurrent. L’écart latéral va encore s’accroitre et conforter leur quatrième place. Il reste encore la Méditerranée pour créer la surprise, mais leur position devient de plus en plus confortable au fur et à mesure que l’on se rapproche de Gibraltar. A bord de Renault Captur, on n’en est pas là. Jörg Riechers et Sébastien Audigane sont déjà bien heureux d’avoir échappé aux miasmes du Pot au noir, même s’il reste un océan à traverser contre le vent. Dans l’hémisphère sud, Spirit of Hungary est encore le seul à naviguer la tête en bas. Nandor Fa et Conrad Colman ont repris de la vitesse. Pour eux, l’équateur est encore à quatre ou cinq jours de mer.

PFB