Aleix Gelabert et Didac Costa, à bord de One Planet One Ocean, à la pointe de la collaboration entre navigation océanique et science

One Planet One Ocean est la cinquième équipe à annoncer sa participation à la Barcelona World Race 2014/15. Cette course autour du monde est un grand défi personnel et professionnel pour Aleix Gelabert et Didac Costa, qui sont deux experts de la Classe Mini. Le bateau est l'ancien Kingfisher, Educacion Sin Fronteras et Fòrum Maritim Català. Il est en cours de réaménagement à la base de la Fondation Navigation Océanique Barcelone(FNOB) et doit être mis à l'eau à la fin du mois de juin. Le bateau et son équipage, en tant que témoins exceptionnels de l'impact du changement climatique sur l'océan, serviront de plateforme pour la sensibilisation envers la préservation de l'environnement. Ils contribueront ainsi à l'un des objectifs de la collaboration entre la FNOB et la Commission Océanographique Intergouvernementale de L'UNESCO (COI-UNESCO) dont la devise est « Une planète, un océan ".

News MAI 14, 2014 17:02

Aleix Gelabert, de Blanes, Gérone, et Didac Costa, de Barcelone, constituent le cinquième duo à officialiser sa participation à la troisième édition de la Barcelona World Race. Ils navigueront sur le bateau Une Planète Un Océan. Leur collaboration, leur travail d'équipe vont au delà de l'aventure sportive océanique, s'étendant à faciliter la collecte de données autour du monde pour la recherche océanographique. L'océan est un lieu de travail et aussi une arène sportive pour les skippers. Ainsi, le monde de la voile entretient une relation unique avec l'océan, tout en étant en mesure d'observer les effets du changement climatique aux premières loges. A travers la collaboration entre la FNOB et la COI – UNESCO, l'équipe One Planet One Ocean peut partager sa passion et ses inquiétudes par la sensibilisation aux questions liées à l'océan. C'est un objectif clé du partenariat entre la FNOB et la IOC–UNESCO, lancée en 2013. Ces deux institutions collaborent également à la 2ème Conférence Internationale de Recherche Océanographique (IORC) qui aura lieu en novembre 2014 à Barcelone.

Deux experts de la Classe Mini

Aleix Gelabert et Didac Costa sont deux bons exemples du parcours des coureurs océaniques qui débutent leurs carrières dans la très compétitive Classe Mini. En suivant les traces de Bruno GarciaAnna Corbella et Gerard Marin, avec le soutien du programme de leur sponsor GAES “Suivez vos rêves”, avec également le soutien de la FNOB, Aleix et Didac ont fait le grand saut de la Classe Mini, où ils ont travaillé sans relâche, vers la Classe IMOCA. Ils symbolisent la persévérance des coureurs au large, en montant marche après marche au sommet de l'élite sportive pour rejoindre les rangs des skippers de la classe des Formule 1 de la mer.

Ils apportent jeunesse, expertise et enthousiasme à la Barcelona World Race. Prendre part à cette aventure est pour eux la réalisation d'un rêve.

Aleix Gelabert est né à Blanes (Gérone) il y a 36 ans. Pour cet architecte de profession, la Barcelona World Race représente un pas de géant après une Mini Transat couronnée de succès en 2012, son premier grand test. Très respecté dans le monde de la préparation technique des bateaux de course, Aleix est devenu familier avec la classe IMOCA en intégrant l'équipe à terre en charge des bateaux de la FNOB tels que GAES Centros Auditivos, qui a pris part au Tour d'Espagne en 2010 avec Anna Corbella et Dee Caffari, ou encore Synerciel (ex - Renault ZE) à bord duquel il a navigué lors du convoyage entre Barcelone et Lorient aux côtés de Jean Le Cam et Bruno Garcia, juste avant la participation du marin français au Vendée Globe 2012/13. Il a également enlevé deux victoires à la Copa del Rey en catégorie croisière. Il faisait également partie de l'équipe Pré-Olympique espagnole de voile pour les Jeux d'Athènes en 2004.

33 ans, originaire de Barcelone, Didac Costa est pompier de profession et il ne fait aucun doute que les qualités essentielles développées dans ce métier difficile et très technique se sont avérées un atout important dans sa carrière océanique. Elles vont sûrement jouer un grand rôle à bord de One Planet One Ocean. Didac est également un jeune skipper qui s'est rapidement élevé dans les rangs des coureurs de la Classe Mini. Il a principalement concentré sa carrière sur la navigation en solo et en double. Dans l'édition 2011 de la Mini Transat, il était le premier Espagnol du classement de la catégorie des bateaux de série. Il a gagné des courses telles que la Sanremo Mini SOLO et la Ophiusa Regatta. Il est arrivé troisième dans le Grand Prix Italien 2013 disputé en double aux côté de Bruno Garcia.

Un bateau solide et fiable

L'équipe naviguera à bord de l'ex-Kingfisher, le bateau avec lequel Ellen MacArthur a battu le record de l'Atlantique en naviguant de Plymouth à Newport en 2000, s'est adjugée la deuxième place dans le Vendée Globe 2000/01 et la première place dans la Route du Rhum 2002. Ce bateau est devenu ensuite Educación Sin Fronteras aux mains d'Albert Bargués et deServane Escoffier, pour leur premier tour du monde sans escale lors de la Barcelona World Race 2007/08. Lors de la deuxième édition de cette course autour du monde, Gerard Marin et Ludovic Aglaor ont navigué sur ce même bateau aux couleuts de Fòrum Maritim Catala, terminant à la huitième place.

One Planet One Ocean est certainement l'un des IMOCA 60 les plus fiabilisés, qui totalise l'un des plus grands nombres de milles et de tours du monde au compteur. C'est un bateau robuste et efficace conçu par le cabinet d'architecture Owen-Clarke et construit en 2000 en Nouvelle-Zélande. Le bateau subit actuellement une refonte majeure à la base marine de la FNOB où il est soumis à différents tests sur la quille et les appendices, à une révision du système de barre et une amélioration de l'électronique embarquée.

Le point de vue scientifique de la voile océanique

Le bateau One Planet One Ocean est l'un des fers de lance de l'approche scientifique de la Barcelona World Race, et renforce la contribution de la course à l'océanographie et l'environnement. "Une Planète Un Océan" est la devise de la Commission océanographique Intergouvernementale de l'UNESCO, organisateur - avec l’Oceanography Society et la FNOB - de la 2e Conférence internationale de la Recherche Océanographique (IORC). Cette Conférence aura lieu à Barcelone du 17 au 21 Novembre 2014, presque 10 ans après l'édition inaugurale. La conférence est organisée en étroite collaboration avec la FNOB et symbolise également la sensibilisation voulue par les organisateurs de la Barcelona World Race 2014/15 aux thématiques du développement durable et de l'écologie. C'est une occasion pour la communauté scientifique de se réunir pour planifier la prochaine décennie de collaboration internationale en science et technologie maritimes, dans le but d'améliorer la gouvernance des océans. Il constitue le cadre de l'éthique scientifique et environnementale de la Barcelona World Race.

Les projets scientifiques dans lesquels Aleix Gelabert et Didac Costa seront impliqués avec One Planet One Ocean seront menées en collaboration avec l'Institut des Sciences Marines basé à Barcelone (MSI), du Conseil Supérieur Espagnol de la Recherche Scientifique (CSIC), le Fondation Barcelone Centre de Technologie Numérique, le programme 7th Framework Citclops de la Commission Européenne et enfin de l'IQS (Institut de Chimie de Sarrià). Ils contribueront particulièrement à :

  • Les mesures de salinité et de la température de l'eau à la surface de la mer tout au long du parcours de la course (1)
  • Déploiement d'une balise Argo (2)
  • Les mesures des concentrations microplastiques en eau de mer (3)
  • Évaluation de la qualité de l'eau de mer de surface pour le projet Citclops (4)

Les données recueillies à bord de One Planet One Ocean contribueront aux efforts de la communauté scientifique internationale coordonnés par la COI-UNESCO et constituent une partie fondamentale de l'aspect éducatif de la Barcelona World Race.

Contacts médias :

FNOB
Isabel Genís
igenis@fnob.org
(+34) 692714000

UNESCO
Agnès Bardon
a.bardon@unesco.org
(+33)145 68 17 64

Annexe 1

Spécifications techniques du bateau Une Planète Un Océan
Architecte: Owen-Clarke Conception
Constructeur: Marten Yachts (Nouvelle-Zélande)
Année de lancement: 2000
Anciens noms: Kingfisher, Educación Sin Fronteras, Forum Maritim Català
Longueur: 18,28 m (60 pieds)
Largeur: 5,3 m
Projet: 4,5 m
Déplacement: 8900 kg
Dérives: 2 droites
Composition du voile de quille  acier
Composition du bulbe: plomb
Hauteur du mât: 26 m
Gréement: Non communiqué
Surface de voile aux allures de près: 240 m2
Surface de voile aux allures portantes: 470 m2
Nombre de voiles à bord: 10
Direction: 2 vérins
Safran: 2 sous la coque
Nombre de pilotes automatiques à bord: 2
Approvisionnement en énergie à bord: une éolienne, un hydro générateur et un moteur

Annexe 2

Les projets scientifiques de One Planet One Ocean

(1) Le projet pour cette nouvelle édition de la Barcelona World Race demesurer les niveaux de salinité et de la température de l'eau de mer a commencé lors de l'édition précédente, avec le bateau Fòrum Marítim Català. Ce projet est dirigé par Jordi Salat, océanographe à l'Institut des Sciences de la Mer (ICM) à Barcelone et le Conseil National de Recherches Espagnol (CSIC). La mission du projet est de recueillir des données précieuses sur la salinité et la température au niveau des eaux de surface dans des zones de navigation éloignées des routes commerciales, d’où les données sont rares.

(2) Les bateaux participant à la régate vont libérer chacun un flotteur Argo à différents endroits pendant leur parcours. Le flotteur mesure 1,70 m de haut et pèse 22 kg. Il sera utilisé pour collecter des données de température et de salinité très précis à des profondeurs allant de 2000 m à la surface de la mer. Ces données sont cruciales pour les océanographes qui étudient le fonctionnement de ces vastes étendues marines. Elles sont également essentielles pour comprendre l'évolution du climat de la planète.

Les bouées Argo sont des flotteurs autonomes alimentés par batterie qui passent la plupart de leur vie à la dérive dans l'océan. Quand ils sont lancés dans l'eau, ils se comportent comme un mini-sous-marin et passent une dizaine d'heures à flotter avant de submerger automatiquement à une profondeur de 1000 m où ils stationnent pendant quelques 8 à 10 jours, tirés par les courants marins. Ils descendent ensuite à une profondeur de 2000 m avant de commencer leur remontée progressive à la surface de la mer. L'ascension du flotteur prend environ six heures, pendant lesquelles ses capteurs collectent des données de salinité et de température. Quand il sort, les données sont transmises par satellite avant que le flotteur ne s'immerge à nouveau tout seul une fois de plus et répète son cycle. Chaque flotteur peut répéter environ 150 fois ce cycle d’une dizaine de jours. Ce projet a été lancé grâce à la collaboration directe entre la FNOB et le CIO l'UNESCO.

(3) Le bateau sera équipé d'un appareil pour détecter le niveau de micro-plastiques dans l'eau de mer. Ces particules nocives affectent les cycles biologiques de nombreuses espèces qui les ingèrent et nécessitent des détecteurs spécialisés pour être localisées. Ces appareils sont constitués d'un système de filtres et de tubes à essai qui recueillent et mesurent les particules. Les données sont ensuite envoyées par satellite. Dirigée par l'ingénieur chimiste Salvador Borros de l'Institut de Chimie Sarrià (IQS), en Espagne, ce projet sera également très important pour accroître la sensibilisation envers l'environnement, un objectif majeur dans le programme éducatif de la Barcelona World Race.

(4) Le projet Citclops (l'Observatoire Citoyen pour la Surveillance Visuelle de la Côte et des Océans) a été mis en place pour récupérer et utiliser les données sur la couleur de l'eau de mer, de sa transparence et de sa fluorescence pour déterminer la qualité et surtout l'effet sur le plancton. Les caméras embarquées à bord de One Planet One Ocean enverront également des informations pour des zones où les données ont jusqu'ici été très limitées. Le projet est dirigé par l'ingénieur et biologisteJaume Piera de l'ICM, la Fondation Barcelone Centre de Technologie Numérique (FBCT) et le programme 7th Framework Citclops de la Commission Européenne.