Adieu, chers camarades...

Beaucoup d’émotion ce matin sur les pontons de Barcelone, à une poignée d’heures du départ, 13 heures, du tour du monde en double. Des adieux avec les proches et les amis, sous le soleil et dans un vent très léger.

News DÉC. 31, 2014 12:20

Concentrés sur un départ de course dans des conditions de vent très légères, Jorg Riechers et Sébastien Audigane (Renault Captur) ont ouvert le manège du départ des pontons des huit IMOCA 60 pieds de la Barcelona World Race, à partir de 10 heures tapantes. Ont suivi, l’un après l’autre, Spirit of Hungary  (Nandor Fa/Conrad Colman), One Planet, One Ocean & Pharmaton du duo espagnol Aleix Gelabert/Didac Costa quand leurs compatriotes Bruno et Willy Garcia (We are Water) profitaient encore du soutien de leurs proches et amis.

Bruno Garcia n’a pas manqué de venir donner l’accolade à son ami Jean Le Cam, dernier à partir avec Bernard Stamm sur Cheminée Poujoulat. Avant eux,Guillermo Altadill et José Muñoz (Neutrogena), très sereins, avaient déjà largué les amarres. Les adieux d’Alex Thomson (Hugo Boss, avec Pepe Ribes) à son fils de quatre ans Oscar ont animé les pontons. Grand moment d’émotion également à l’heure où Anna Corbella, première navigatrice espagnole à avoir bouclé un tour du monde), a lancé avec Gérard Marin son GAES Centros Auditivos vers la ligne de départ.

Ils ont dit :

Sébastien Audigane (Renault Captur) : « J’ai surtout hâte de partir. Avec ce beau temps, c’est facile, ça retire un peu de la charge émotionnelle. Pour moi, les vrais adieux, je les ai fait en partant de chez moi. Depuis que je suis revenu à Barcelone, je suis déjà en mode course ; donc, non, ce n’est pas difficile pour moi de quitter le ponton… »

Jean Le Cam (Cheminées Poujoulat) : « Bien sûr, ça fait toujours quelque chose de partir, mais on est là pour çà, non ? C’est toujours pour ceux qui restent à terre que c’est le plus difficile. Nous on a choisi, on serait mal venus de venir nous plaindre. »

Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) :« C’est vrai que ce beau temps, ça donne un caractère un peu surréaliste au départ. On  a presque l’impression qu’on part pour une balade. Et puis, partir à deux c’est vraiment différent, il n’y a pas la charge émotionnelle d’un tour du monde en solitaire. Là, on va pouvoir partager, faire évacuer la pression du départ plus rapidement. »

Bruno Garcia (We are Water) : « Je me sens calme et serein, quelque part c’est un soulagement de partir après une préparation express, c’est une première victoire. Ce départ de Barcelone, de la maison, est un peu surréaliste… C’est bizarre, j’ai l’impression de partir pour une régate du dimanche, même si je sens aussi beaucoup d’émotions que je ne cherche surtout pas à évacuer. J’ai à la fois hâte et quelques appréhensions à l’idée de bientôt rejoindre bientôt les mers du Sud… » 

Conrad Colman (Spirit of Hungary) : « Si hier, c’était encore la course contre le temps, aujourd’hui je sens que nous sommes prêts. Bien sûr, j’ai une boule au ventre et les larmes aux yeux, ce n’est jamais facile de laisser sa chérie et tous ceux qu’on aime. Depuis la première édition, j’imagine qu’un jour  je serai sur la ligne de départ, et nous y voilà… J’ai encore un peu l’impression de vivre un rêve, mais quand je vois la quantité de nourriture que nous avons embarquée pour ce tour du monde en double, cela devient une vraie réalité !  »