Un oiseau, Sainte-Hélène et les dilemmes stratégiques

Un oiseau embarqué à bord de We Are Water prétexte à rêverie de circumnavigateurs, un détour assumé à bord de One Planet One Ocean & Pharmaton, les mots du jour des tandems embarqués.

Messages du large JANV. 20, 2015 10:21

Adieu Janeiro

"Le contournement de Sainte-Hélène touche à sa fin. D’être passé si près du Brésil nous a valu la visite de Janeiro, notre oiseau qu’on a baptisé ainsi vu la latitude où nous l’avons récupéré à bord. Avec Willy, nous nous demandons qu’est-ce qui a bien pu le pousser à quitter son arbre pour partir en mer loin de tout refuge.

C’est peut-être la même motivation que celle qui nous pousse à prendre part à cette aventure et naviguer à bord de We Are Water sur les mers du Sud. Après un repos réparateur, Janeiro a pris son envol et a disparu à l’horizon.

Depuis que nous avons quitté le Pot au noir, les alizés de sud-est ont été bienveillants avec nous. Ils nous ont permis de naviguer rapidement, au sec et de faire les petites réparations indispensables, avant le grand check-up, comprenant une grimpette en haut du mât, avant le grand Sud.

Chaque report de position nous plonge dans des interrogations stratégiques et inévitablement nous pensons à nos collègues et adversaires, chacun livrant sa propre bataille. On pense particulièrement à Pepe, à la fois notre ami et grand supporter de notre projet. Son début de course était impeccable et la malchance fait qu’il nous a quitté bien trop tôt."

Bruno Garcia

 

Pourquoi faisons nous de l’ouest ?

"Notre route loin de nous emmener en direction de notre prochain objectif, le cap de Bonne Espérance, nous en éloigne encore. Une bonne raison à cela : l’anticyclone de Sainte-Hélène. Après le Pot au noir, c’est le deuxième obstacle météo auquel nous devons faire face. Aller tout droit au travers de l’anticyclone, c’est prendre le risque des jours voire des semaines encalminés, sans avancer vraiment.

 La deuxième option pourrait être de tenter de passer dans l’est de l’anticyclone entre les hautes pressions et les côtes africaines. On trouverait du vent, mais de face, ce que nos IMOCA n’aiment pas particulièrement. C’est pourquoi, nous avons tous choisi la troisième option qui consiste à se frayer un chemin entre Sainte-Hélène et l’Amérique du Sud. C’est pourquoi nous avons décidé de naviguer au reaching, une allure favorable à nos IMOCA et d’essayer de gagner vers le sud. C’est un pas arrière pour faire quatre pas en avant. On verra bien si ce petit chemin à rebrousse-poil nous permettra ensuite de dévaler l’Atlantique Sud quatre à quatre."

Aleix Gelabert