« Nous avons eu de la réussite »

Ce n’est pas l’heure des bilans, mais Barcelone se rapprochant, à 2400 milles environ, Bernard Stamm reconnaît que, question météo, Cheminées Poujoulat a été bien loti. Et souhaite que ça dure, car la remontée vers Gibraltar s’annonce au près, mer de face, et un anticyclone se développe au large des Açores. Sur GAES Centros Auditivos, Anna Corbella se montre fataliste dans son duel avec Neutrogena pour la seconde place. Quand Didac Costa, à bord de One Planet One Ocean, rend hommage aux pionniers de la navigation hauturière.

Messages du large MARS 13, 2015 13:45

Bernard Stamm  (Cheminées Poujoulat) : « Nous sommes au près, entre 12 et 18 nœuds de vent, avec la mer de face car le vent adonne très gentiment. Autrement, c’est nuageux, il fait moins chaud. Gibraltar, c’est un peu loin. Ça va dépendre comment cela se passe avec l’anticyclone. La stratégie, il n’y en a pas tant que ça car on subit un peu le vent. Bon, on y pense toujours un peu à Gibraltar, à l’arrivée, mais il y a encore de la route. A l’échelle d’un tour du monde, ça se rapproche forcément mais il y a encore plus de distance qu’une Route du Rhum à couvrir. On prend cela au jour le jour. Sur l’ensemble de la course, au niveau météo, nous avons eu de la réussite je pense. Il faut que cela continue, car on avait un peu oublié comment c’était le près : ce n’est pas très rapide et penché. Mais on s’y attendait, il vaut mieux ça que pas de vent.

Le record de la Barcelona World Race ?  C’est plus une curiosité ou une cerise sur le gâteau qu’un objectif. L’objectif, c’est d’essayer de finir le tour du monde comme il faut et de le gagner. Maintenant, s’il y a un record, c’est d’autant mieux. De toute façon, on va continuer à naviguer comme on l’a fait jusque là. On n’est pas avec le frein à mains parce qu’on a de l’avance. Il y a déjà beaucoup de points positifs. Les trajectoires : à part un petit raté après Gibraltar au début de la course, nous avonsplutôt fait ce que nous voulions. Le bateau : même avec pas mal de soucis techniques, nous avons réussi à le maintenir pour pouvoir l’utiliser, jusqu’à maintenant du moins. Et puis, on s’entend toujours bien avec Jean ! Tout ça fait que c’est plutôt positif. Mais on n’est pas encore au bilan. »

Anna Corbella (GAES Centros Auditivos) : « Nos conditions sont désormais relativement stables, entre 10 et 15 nœuds de vent à 90°. Nous progressons vers le nord assez rapidement mais pas aussi vite que Neutrogena et pour les prochains jours, nous n’attendons pas de grands changements et il sera difficile de regagner du terrain. Tout va bien mais nous commençons à sentir que nous avons navigué depuis longtemps car certains systèmes commencent à ne plus bien fonctionner. Hier, nous avons eu un souci avec le dessalinisateur. Il a arrêté de produire de l’eau potable et l’eau est devenue très salée. Nous avons passé trois heures à tout changer et il marche à nouveau. Maintenant, cela devient vraiment ennuyeux. Nous avons beaucoup de temps sans rien avoir à faire. Nous sommes relativement reposés. Nous avons de la lecture. C’est bien, il fait beau, la mer est plate, c’est comme au mois d’août des les îles Baléares. »

Didac Costa (One Planet One Ocean & Pharmaton) par message :« En regardant notre trajectoire ces derniers jours, résolument vers l’est – nord-est, on pourrait penser que nous avons perdu la tête après tant de jours en mer et que nous suivons le sillage de Bernard Moitessier dans « La Longue Route » (premier tour du monde sans escale et en solitaire).

Je dois avouer que s’il n’y avait pas l’excitant duel avec nos amis de We are Water, il ne me manquerait vraiment pas de continuer à surfer sur les vagues du Sud et de jeter l’ancre sur une île pleine de noix de coco, loin de toute civilisation.

Mais, ne vous inquiétez pas, notre trajectoire participe de notre stratégie pour revenir plus vite à Barcelone. Ici, au milieu de l’océan, nous nous souvenons pas seulement des navigateurs hauturiers que nous suivions dans notre jeunesse (José Luis de Ugarte, Ellen Mac Arthur, Christophe Auguin etc.), mais aussi, inévitablement, de ces pionniers qui ont ouvert la voie, sans hâte, et dont les histoires ont fait naître beaucoup de vocations. A ces marins, sur des bateaux historiques comme Joshua, Mistral ou Spray, nous rendons hommage. »