« Mon frère, mon super ami »

Faire équipe son cadet sur un tour du monde en bateau de course, 10 m2 habitables et sans échappatoire, pourrait mettre à mal les relations fraternelles. Il semble qu’il n’en soit rien, bien au contraire, à bord de We are Water. Bruno Garcia en témoigne ainsi que de ce Grand Sud qui déploie désormais ses vents et sa houle sur toute la flotte. Ces conditions ont la préférence de Gerard Marin et Anna Corbella (GAES Centros Auditivos), qui jouent pleinement leur carte.

Messages du large FÉVR. 5, 2015 14:18

Bruno Garcia (We are Water) : « Nous commençons à prendre le rythme des océans du Sud. Le bateau est à nouveau chahuté mais nous avons eu deux jours de trêve, tranquilles, c’était bien car nous avons eu le temps de tout réparer à bord. Les prochains jours, nous allons devoir négocier avec le passage d’un front actif qui bouge plus que prévu, cela va être divertissant : beaucoup de vent, beaucoup de vagues… Mais je ne me plains pas parce qu’au moins, c’est du vent portant et nous allons naviguer au reaching durant beaucoup de milles.

Naviguer avec son frère ? C’est comme être avec son frère, à part que chaque jour et chaque nuit, il est là, à côté moi. Nous apprécions cela et nous découvrons beaucoup de choses. Mon frère est un ami, un super ami… Nous avons la même façon de voir les choses. Nous faisons les manœuvres conjointement. Nous partageons les tâches naturellement. Il est plus agile, plus jeune et je suis plus vieux, et donc… Nous distribuons les tâches en fonction. Plus que cela, je suis surpris de voir combien nous nous comprenons ! »

Gerard Marin (GAES Centros Auditivos) : « Les conditions ont vraiment changé.Nous sommes plus sereins, plus relâchés. Nous naviguons vite et bien, nous bénéficions encore de la pression, et nous progressons donc rapidement. La course est vraiment longue et on rencontre toutes sortes de situations, des bonnes et des mauvaises. Vous devez l’accepter. Ces dernières 24 heures, nous avons eu des vents forts et nous avons pu avancer rapidement, c’est stressant et nous accumulons un peu la fatigue. Je suppose que nous allons doucement prendre le rythme et on ne s’attend pas à ce qu’il baisse. C’est notre lot désormais.

Aujourd’hui, ce que nous devons faire est de progresser encore plus vite, essayer d’attaquer les bateaux devant nous et contrôler Renault Captur, qui n’est pas si loin. Nous avons toujours dit que tout ce que nous recherchions, c’était de faire une belle et prudente course. Les leaders sont de très bons marins, ils sont 1000 milles devant nous et les rattraper serait très difficile. Ils naviguent très bien, ils sont meilleurs que nous et si nous voulons les rejoindre, il faudrait que l’on force le bateau, avec la possibilité de casser. Si nous naviguons comme nous l’avons fait avant, ceux de derrière ne nous rattraperont pas. Ce serait très différent si nous avions de la malchance, si nous cassions ou que quelque chose d’anormal se produisait. Mais nous ne sommes pas inquiets. »