La tête à l’envers !

Après avoir vu de toutes les couleurs dans la grisaille ambiante et sous les nuages du Pot au noir, les hommes de Spirit of Hungary ne boudent pas leur satisfaction d’avoir enfin attrapé des vents plus favorables dans leurs voiles. A l’entame de leur grande descente de l’hémisphère sud, Conrad Colman mesure l’ampleur des écarts qui les séparent des leurs concurrents. Mais l’envie reste intacte ; et c’est toujours animé de sa farouche combativité que le benjamin de la flotte aborde la suite de ce parcours planétaire. Extrait de son journal de bord… 

Messages du large JANV. 18, 2015 15:01

« À un degré et demi au sud de l’équateur, nous avons finalement attrapé les solides alizés de sud-est et on peut tailler la route avec énergie. Après une rafale de changements de voiles sous les nuages sombres générant des vents très instables en force et direction, nous progressons maintenant au reaching sous grand foc, grand-voile. Nous venons juste de finir une stratification pour renforcer les supports du gouvernail, en évitant de l’éclabousser avec de l’eau de mer ou la sueur de notre front !

Le soleil équatorial cogne fort. On a trouvé un petit sursis sous une courte averse qui a été l’occasion de pendre une douche plutôt fraîche.

Malheureusement, notre traversée du Pot au noir nous laisse au pied d’une grosse montagne. Notre partenaire de jeu le plus proche, One Planet, One Ocean & Pharmaton est à plus de 700 milles. Les leaders sont deux fois plus loin. Ce serait arrogant et irrespectueux pour les autres concurrents de dire qu’on peut réduire l’écart, mais comptez sur nous pour rester en mode compétition afin de grappiller un petit peu dans les semaines – et les mois ! – qu’il nous reste. »