La fierté d'un père, l'attente d'un fonceur

Guillermo Altadill qui reçoit un e-mail de son fils en partance pour la Volvo Ocean Race, Bernard Stamm qui apprend à ronger son frein dans les mers du Sud ou Sébastien Audigane qui découvre les joies de la cohabitation franco-allemande, tranches de vie en direct de l'océan Indien.

Messages du large FÉVR. 3, 2015 13:10

Guillermo Altadill (Neutrogena) : « La hauteur des vagues, la force du vent, le bruit, tout a grandi. L’océan Indien nous rappelle qui est le patron ici. On va prendre les anticyclones comme une pause, une respiration, l’opportunité de se reposer et de reprendre des forces. J’ai reçu un e-mail de mon fils qui me souhaitait bonne chance et me racontait qu’il allait embarquer avec l’équipe de MAPFRE sur la Volvo.  Je ne sais pas si c’est la fatigue ou si c’est parce que je vieillis, mais ça me bouscule de voir  ce gamin qui naviguait encore récemment en Optimist, qui écoutait mes histoires de mer et n’avait de cesse de me demander si j’avais vu des dauphins ou des baleines. Et maintenant il va accomplir le rêve de tout marin, partir autour du monde

 

Sébastien Audigane (Renault Captur) : « Ça roule. On a du vent depuis ce matin, on a été un peu ralenti cette nuit, on était près de l’anticyclone et on a eu des vents un peu légers et il fallait empanner plusieurs fois. Là c’est reparti, on a 19 nœuds, le vent devrait basculer au sud-ouest, ça va, ça glisse bien, il fait super beau, il ne fait pas froid, c’est assez tranquille. On est revenu très fort il y a deux jours quand on était au reaching, on est même revenu à 150 milles. On savait cette nuit qu’on allait reperdre du terrain parce qu’ils ont eu un vent de SW avant nous et un peu plus fort. C’est super, on va être aux alentours de 250 milles, ça fait un petit copain avec qui jouer pas très loin, ça nous remotive pour la suite. Avec Jörg, des fois c’est marrant. La langue française est un peu compliquée, avec les conjugaisons et ça prête à confusion pour les Anglo-Saxons. En plus de ça, un peu de dialecte breton avec un peu de fatigue où tu n’ouvres pas trop la bouche, ça complique les choses.»

 

Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) : « Ce n’est pas super agréable car nous progressons avec un flux de sud,  vent de travers. Le point positif, c’est que comme nous freinons depuis plus de 24 heures pour éviter de nous retrouver au cœur du plus gros de la tempête, ce n’est pas « Verdun ». Hier, nous étions sous trinquette avec trois ris dans la grand-voile. Depuis quelques heures, nous n’avons plus rien à l’avant. Nous n’avons donc pas beaucoup de vitesse et nous sommes un peu exposés aux vagues mais ça va bien. Nous en profitons pour faire un peu d’entretien, de matelotage puis manger et dormir car quand nous allons relancer, nous serons toujours dans la dépression et ce sera musclé encore un moment. Mieux vaudra donc être un peu reposé. Pour l’instant, je ne suis pas encore trop entré dans le détail mais il est certain que les jours à venir s’annoncent mouvementés car derrière la tempête, il va nous rester 35 nœuds de vent et ça ne va pas se calmer très vite. »