Du gris et des albatros

Le Grand Sud accueille avec clémence les concurrents de la Barcelona World Race. Novices en ces latitudes, Bruno et Willy Garcia goûtent de nouvelles sensations à bord de We are Water. Jörg Riechers également. Sur Renault Captur, le skipper allemand bénéficie de l’expérience de Sébastien Audigane. Les uns le devinent, le Français l’a vécu : le vrai Sud est devant eux.

Messages du large JANV. 28, 2015 13:27

Bruno Garcia (We are Water) : « Nous sommes dans un flux de nord ouest de 30-35 nœuds avec quelques grains. Nous marchons bien vers le cap de Bonne Espérance. Nous sommes très excités, heureux d’être là, nous voulions au moins vivre cela une fois dans notre vie. Le Sud change la donne complètement. Depuis qu’on a passé Tristan da Cunha, le ciel est devenu gris et on a vu des albatros partout. C’est frappant, impressionnant. Mais, jusqu’à maintenant on a eu des conditions assez maniables pour un IMOCA avec des vents forts mais de portant, ils n’ont pas encore trop forci. On peut dire qu’on ne connaît que la moitié du Grand Sud. »

Jörg Riechers (Renault Captur) : « Le temps est agréable, avec 20 nœuds de vent et du soleil. C’est parfait. C’est moins pénible que je ne le pensais. Les vagues sont assez hautes, nous avons eu entre 20 et 30 nœuds de vent tout le temps mais il ne fait pas encore froid. Le Grand Sud est en vacances pour le moment, c’est relativement agréable de naviguer. Nous sommes au reaching, 500 milles nous séparent de GAES Centros Auditivos  mais nous espérons réduire un peu l’écart dans les huit prochains jours. Ils vont plus avancer dans le système de hautes pressions que nous. J’espère pouvoir un peu les rattraper et revenir dans le match pour la troisième place.

Sébastien Audigane (Renault Captur) : « Le vent mollit un peu aujourd’hui, on en profite pour faire un peu de ménage et se reposer un peu. La zone d’exclusion des glaces peut être contraignante car finalement, elle fait un mur tout du long du sud. Dans quelques jours, on va avoir un anticyclone assez important qui va nous barrer la route et peut être que s’il y avait eu des portes, ç’aurait été plus simple. Maintenant ce sont les règles et pour l’instant cela ne nous gêne pas outre mesure.

Voilà trois jours que nous sommes dans les 40es, les Albatros nous suivent la journée, la mer est très formée. Ces deux derniers jours, elle était abrupte et dans tous les sens comme on voit souvent dans l’océan Indien. Il y avait 4 à 5 mètres de creux et par moment, le bateau dévalait à 25 nœuds dans le creux de la vague, c’était assez impressionnant. Mais ce sont les conditions normales de navigation hivernale.

Passer le cap de Bonne-Espérance, nous n’y pensons pas mais cela reste un moment particulier. C’est le bout de l’Afrique, il signifie l’entrée dans des contrées un peu plus hostiles et où il n’y pas grand monde.