Corbella, Audigane : "Rythme stressant, lune rousse"

Cap vers le Cap Vert puis le Pot au noir! Guillermo Altadill attend que les opportunités d'attaquer s'ouvrent, Anna Corbella se prend au jeu de la régate au contact des premiers, Sébastien Audigane dit au revoir à l'Afrique et attend aussi son heure. Comme les frères Garcia qui assument leur option ouest, un investissement à moyen terme.

Messages du large JANV. 8, 2015 13:30

Anna Corbella (GAES Centros Auditivos) : «  Nous ne savions pas vraiment au début si nous pourrions avoir les mêmes vitesses que les bateaux de devant. C’est une surprise pour nous. Et une fois que nous en avons pris conscience, nous avons continué, nous n’allions pas ralentir ou faire des cadeaux aux autres. A moins d’un souci, nous continuerons à pousser le bateau comme nous le faisons. Nous voulons finir avant tout, nous ne voulons pas d’accident. Nous restons vigilants. Notre routine est facile, nous procédons par quart de trois heures. Nous dormons trois heures, nous sommes à la manœuvre trois heures. Cela s’est instauré dès le début. Nous profiterons peut être du Pot au noir pour nous reposer plus. Le rythme a été assez stressant. Nous discutons et décidons ensemble. Nous avons le même objectif, nous réfléchissons, nous argumentons et nous ne prenons jamais une décision en cinq minutes. Et actuellement, nous sommes aux avant-postes, alors c’est facile. »

 

Guillermo 
Altadill (Neutrogena) : « Nous savions que ce serait serré avec les trois autres bateaux et, jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’options tactiques, pas vraiment d’ouverture, et la flotte fait à peu près la même chose. Nous avons le même logiciel, les mêmes informations météo. Cela viendra après les alizés, un bateau poussera plus fort et la course sera plus intense. Depuis les Canaries, nous savions ce qui allait se produire. J’ai vu l’option de passer entre la côte africaine et les îles Canaries, j’ai vu Hugo Boss faire ce choix. Mais j’étais plus intéressé par rester dans la flotte. Hugo Boss a réalisé un gain, mais pas significatif. »

Sébastien Audigane (Renault Captur), par message : «Nous n'avons pas eu beaucoup de temps pour écrire depuis deux jours. Depuis le passage des canaries, le vent est assez fort 25,30 voir 32 noeuds dans les claques. Ça occupe le marin et quand il rentre à l’intérieur, c'est pour se reposer ! Surtout que cette première semaine de course n'a pas été de tout repos le long de la côte africaine. La mer formée, et quelques fois abrupte, nous permet quelques surfs inattendus et violents. Ils finissent toujours bien mais quand même... Quelques heures après le coucher du soleil, nous avons la chance de voir une lune rousse se lever et petit à petit éclairer la piste. Que du bonheur de naviguer dans ces conditions! Elles peuvent être parfois un peu stressante pour Renault Captur, qui la nuit dernière longeait la côte d'assez près, sur les lieux de pêche de la Mauritanie. Depuis hier soir, c'est fini, on a piqué à l'ouest, et là il n y a pas grand monde. Question course,on est toujours derrière, pas super loin mais ça nous énerve un peu… Restons calme, la route est longue et semée d'embuches. »

Bruno et Willy Garcia (We are Water), par message : « Nous sommes dans les alizés sous des températures plus douces qu’attenues, même si la latitude des îles Canaries nous obligent à porter notre veste de quart thermique. Après avoir regardé notre routage et les prévisions météo, nous avons décidé d’opter pour l’ouest avant le reste de la flotte. C’est un investissement à moyen terme, recherchant un bon positionnement pour traverser le pot au noir. Nous devons attendre quelques jours avant de connaître si cela nous rapportera. Hier, nous avons procédé à quelques examens physiques. Chaque semaine, nous prenons des mesures de notre pression et rythme cardique, de notre urine, notre température, pour la recherche médicale et afin d’obtenir des variations de nos paramètres hormonaux, métaboliques et anthropométriques durant les trois mois de course. »