Le retour de Kito de Pavant

Le navigateur français prévoit de participer à la Barcelona World Race 2018/19. Il est soutenu par son sponsor et cherche un nouveau bateau. Nous l'avons interviewé en pleine préparation de la Transat Jacques Vabre, la traversée de l'Atlantique en double, qu'il réalisera avec Yannick Bestaven.  

Interviews OCT. 18, 2017 10:38

 

Kito de Pavant, l'un des navigateurs les plus complets et les plus expérimentés jamais vu dans le monde de la régate océanique, résiste aux tours du monde. Vainqueur de la Solitaire du Figaro 2002, de la Transat AG2R 2006 et de la Solo Méditerranée, il a été contraint d'abandonner lors de ses trois tentatives du Vendée Globe, en 2008 suite à un démâtage, en 2012 pour avoir percuté un chalutier. En 2016 il a dû être secouru par hélicoptère et a perdu son bateau après avoir percuté un OFNI, probablement un cachalot. En 2012, il a fait équipe avec Sébastien Audigane, et a participé à la Barcelona World Race, mais suite à un problème au niveau de la quille, il a dû abandonner à Ushuaia. 

 

Avec le soutien de son sponsor, Bastide Otio, Kito envisage de participer à la Barcelona World Race 2018/19. Nous l'avons interviewé juste avant de partir de La Rochelle jusqu'au Havre avec Yannick Bestaven pour participer à la Transat Jacques Vabre, dont le départ a été donné le 5 novembre.

 

Kito, c'est votre neuvième participation à la Transat Jacques Vabre. C'est une course que vous connaissez très bien Où en est votre préparation avec Yannick?

J'aime beaucoup la Transat Jacques Vabre. Même si je viens du monde de la voile en solitaire, j'adore participer à des régates en double et celle-ci est une régate extraordinaire. Je suis très heureux de partager cette course avec un équipier, l'expérience extrême, coordonner, communiquer ... c'est magnifique.

 

Quels sont vos prochains projets? 

Nous travaillons avec Bastide Otio dans la continuité de notre projet qui a commencé il y a des années, lors de la dernière Route du Rhum et s'est poursuivi lors du dernier Vendée Globe. Nous avons eu un sérieux problème l’année dernière lors de la 8e édition du Vendée Globe en perdant le bateau. Nous cherchons à en acheter un autre pour poursuivre le programme et participer à la Barcelona World Race, puis au prochain Vendée Globe. 

 

Que pensez-vous du nouveau format de la Barcelona World Race?

Je suis vraiment content de faire escale à Sydney, je pense que ces deux étapes seront bonnes pour la promotion de la course. Le seul problème auquel je pense, c'est que la BWR est proche de la Route du Rhum, le temps de préparation est donc réduit. Du coup, je participerai à la prochaine Route du Rhum en Class40 pour avoir le temps de préparer la course de Barcelone.

 

Avez-vous pensé à votre coéquipier ? 

Rien n'est encore décidé. J'ai beaucoup d'options et tout reste ouvert. Il y a des personnes en particulier que j'aimerais avoir à bord, comme Yannick, c'est logique, et quelqu'un que vous connaissez bien à Barcelone: Alex Pella, avec qui je m'entends très bien et qui est un bon ami.

 

Les collisions avec les OFNIS sont un vrai problème dans les régates océaniques. Pensez-vous qu'avec les foils les bateaux sont plus vulnérables?

Il est évident que plus vite vous naviguez, plus la collision risque d'avoir de graves conséquences. Les foils ajoutent de la complexité et donc de la vulnérabilité. Il faut trouver des technologies qui nous permettent de contrôler ce paramètre, des solutions existent mais elles ne sont pas encore développées. 

 

Comment voyez-vous l'évolution de la flotte IMOCA? Que pensez-vous de la différence de vitesse entre les bateaux de la dernière génération et les anciens ?

Ils ont créé de grandes différences. Je ne suis pas très favorable à cela, je pense que la flotte IMOCA devrait être aussi homogène que possible et je pense qu'il aurait été plus judicieux qu'après le Vendée Globe, on soit revenu un peu en arrière. Mais c'est mon opinion personnelle qui ne doit pas être la même que celle de l'IMOCA. Les nouveaux bateaux sont plus rapides dans toutes les directions et les foilers sont encore beaucoup plus rapides à partir de 80º par rapport au vent. Au près ou dans des conditions de vent faible, il y a moins de différence, mais cela n'arrive pas souvent au cours d'une course océanique. La technologie progresse et je pense que les nouveaux bateaux qui vont être construits à la mi-2018 et en 2019 pour la Barcelona World Race et le Vendée Globe seront encore plus rapides.