Jean-Pierre Dick : cette course, c'est avant tout un travail d'équipe

En convoyage du MOD70 Paprec, entre La Guadeloupe et Lorient, son port d’attache, Jean-Pierre Dick continue de suivre la Barcelona World Race. Il a accepté de livrer ses impressions sur la course entre deux manœuvres à bord.

Interviews MARS 1, 2015 10:21

Qu’est ce que t’inspire cette édition 2014-2015 ?

Tout d’abord je suis impressionné par la belle performance de Bernard Stamm et Jean Le Cam. On savait qu’ils étaient tous les deux d’excellents marins, mais comme je le disais au départ de Barcelone, il fallait espérer que la mayonnaise allait prendre. Je l’ai toujours dit : la particularité de la Barcelona World Race, c’est que c’est une course d’équipe. Il faut avant tout savoir être à l’écoute de son coéquipier, être capable de prendre des décisions en commun. Visiblement, Jean et Bernard ont su très bien le faire.

 

D’autres éléments de réflexion ?

La deuxième réflexion qui me vient à l’esprit, c’est que la fiabilité joue un rôle majeur. On l’a vu avec l’abandon de Hugo Boss, suite à leur démâtage. C’est aussi le cas pour Neutrogena qui, du fait de son escale technique, ne peut plus vraiment se bagarrer pour la première place. Après, la course n’est pas finie. Il faut souligner que la remontée de l’Atlantique est toujours difficile et qu’il reste quasiment encore un tiers de la course avant l’arrivée. En tous les cas, ça me conforte dans les choix que je peux faire pour St-Michel – Virbac, mon prochain IMOCA : je préfère voir un bateau un peu plus lourd de quelques kilos si ça peut me donner des garanties supplémentaires en terme de fiabilité.

 

Sur les autres équipages en course ?

Je ne connais pas tout le monde. Guillermo et José, on les attendait forcément aux avant-postes, comme Jean et Bernard. Pour moi, la surprise vient de Gerard et Anna. Je trouve qu’ils font une très belle course. Surtout, leur progression depuis la dernière édition est phénoménale.

 

De suivre cette édition te donne envie de revenir dans quatre ans ?

Sans hésitation. Je l’ai quand même déjà gagné deux fois, ce qui prouve que cette course me convient bien. J’aime bien la navigation en double, c’est un exercice différent du solitaire ; la dimension humaine y est plus forte. Et puis quand je vois ce que font Jean et Bernard, je me dis que j’ai encore du temps devant moi. Je ne sais plus quel grand journal avait titré après la victoire de François Gabart dans le Vendée Globe : « place aux jeunes ». Ça serait amusant de pouvoir leur répondre : « Vivent les vieux… »

Alors si dans quatre ans, être au départ, c’est compatible avec mon programme, oui, pourquoi pas ?