Gerard Marin: "La clé sera de maintenir un rythme élevé dans la durée"

« Ça change forcément des choses d’avoir déjà bouclé un tour du monde » reconnaît l’Espagnol Gerard Marin. A seulement 32 ans, il se prépare pour son deuxième tour du monde, après la Barcelona World Race 2010/2011, terminée en huitième position aux côtés de Ludovic Aglaor. Pour cette nouvelle édition, il sera aux côtés d’Anna Corbella à bord de GAES Centros Auditivos.

Interviews DÉC. 1, 2014 12:44

Champion du Monde en Classe Europe, Gerard Marin a aussi à son actif trois transats : deux Mini Transat et une Transat AG2R en Figaro Bénéteau avec Anna Corbella. Les deux compères ont aussi à leur actif la récente New York – Barcelone à bord de l’IMOCA 60 GAES Centros Auditivos. Compte tenu de leur expérience, Gerard préfère rester prudent sur l’éventualité d’un podium pour cette édition. Il reconnaît d’ailleurs que son manque d’expérience des circumnavigations peut être un véritable handicap. A rebours, il estime que sa complicité avec Anna et leur confiance dans leur bateau est peut-être leur arme secrète.

Etes-vous prêt à partir pour le 31 décembre ?

Sur le plan matériel, certainement. On peut encore améliorer quelques points de détails, mais à un moment il faut savoir dire stop. Je suis vraiment content de la manière dont nous avons préparé GAES Centros Auditivos. Je pense que nous avons vraiment un bateau fiable.

Tu n’es pas dans le même état d’esprit comparativement à ta première Barcelona World Race ?

Bien sûr… D’avoir déjà fait un tour du monde change ton regard. J’ai des idées plus précises de ce qui nous attend. Ça donne une certaine assurance.

Qu’est ce que tu crains le plus ?

Tout ce qu’on ne peut pas contrôler. Par exemple, une rencontre avec un OFNI qui nous oblige à abandonner.

Quels sont vos points faibles ?

Je pense qu’on a un projet très équilibré. Mais si je compare à d’autres équipes qui ont plus d’expérience, je sais qu’on sera moins incisif dès qu’il s’agira de prendre une option stratégique.

Et vos atouts ?

On en a deux principaux : notre bonne entente avec Anna et la fiabilité de notre bateau. Je pense qu’on peut faire une course très correcte.

Tu es satisfait de vos entrainements en Galice ?

Oui, on s’est habitué à nos nouvelles voiles. C’était la dernière tâche de notre planning.

Vous comptez jouer la prudence ou bien allez vous mettre du charbon ?

On va être prudent. Pour finir bien placé, il faut trouver le moyen de maintenir un rythme élevé, mais constant.

Boucler un tour du monde est déjà une victoire en soi. Ce sera suffisant où espérez-vous quelque chose de plus ?

Je préfère être prudent. Mais on veut bien faire, c’est sûr.

Qu’est-ce qui est le pire : le grand Sud ou la chaleur des Tropiques ?

Les deux sont difficiles. Mais les Tropiques beaucoup moins, quand même !

Les néophytes tendent à penser que 90 jours seuls en mer, ça doit être assommant.

Il faut un temps pour tout. Pendant la course, je me fixe des objectifs intermédiaires à atteindre, ce qui fait que la course ne semble pas si longue. Au delà de ça, il faut penser à la vie commune, assumer une certaine routine.

Que vas-tu faire ces prochains jours en dehors de ton travail ?

Je vais passer du temps avec ma famille. C’est un moment où la pression devient forte et je veux rester au calme.