Aleix Gelabert: "Je suis prêt, je pourrais partir demain"

Aleix Gelabert est un des bizuts de la Barcelona World Race. Le navigateur espagnol va entamer son premier tour du monde aux côtés d’un autre novice de l’exercice, Didac Costa. Ils embarquent à bord de One Planet, One Ocean & Pharmaton, qui développera pendant la course un programme de recherche océanographique.

Interviews NOV. 24, 2014 17:44

Aleix Gelabert sait que son bateau est « une vieille dame », mais c’est un bateau fiable qui a déjà bouclé trois ours du monde. Alex n’est pas non plus un débutant puisqu’il fut le meilleur des navigateurs espagnols engagés dans la Transat 650 en 2011. Il connaît déjà la Barcelona World Race pour avoir été dans l’équipe technique de GAES Centros Auditivos en 2010/2011. À 37 ans, disposant d’une solide expérience en matière de voile, il se dit calme et prêt à relever le challenge de boucler son tour du monde avec Costa.

Comment te sens tu à quelques semaines du départ ?

A la fois très calme et très impatient. Il reste encore beaucoup de travail. Le départ me semble à la fois tout proche et très lointain. On est occupé tous les jours dans la préparation du bateau, on n’a pas trop le temps de penser au départ.

Faire un tour du monde faisait partie de tes rêves…

Gamin déjà, j’en rêvais. J’ai vu nombre de reportages dans les magazines, à la télévision. Ce qui m’attire, ce sont les obstacles que tu dois vaincre avant la course comme pendant qu’elle se déroule, et la satisfaction personnelle d’atteindre ton but au final… 

Qu’est-ce qui t’attires le plus ?

De participer et surtout de terminer cette course. Doubler le cap Horn, c’est quelque chose de mythique et j’espère bien en profiter un maximum. Et puis, il ya le fait de négocier les mers du Sud. Tu sais que ça va être dur, mais que tu peux réussir. On verra bien comment se passeront les choses.

Est-ce que tu penses que par moments tu risque de te demander : « Mais qu’est ce que je fais là ? 

Evidemment. Cela m’est déjà arrivé auparavant et je serais surpris que cela ne survienne pas cette fois-ci. Le fait de ne pas être en solitaire va m’aider. Quand les choses s’enclenchent mal en solo, tu n’as personne sur qui te reposer. Pouvoir parler et partager est d’une grande aide.

Il ya des choses qui te font peur dans ce tour du monde

Peur ? Je ne sais pas. J’ai surtout du respect pour l’océan. Je crains particulièrement les orages parce que c’est imprévisible. Tu es au milieu de l’océan et tu ne peux rien faire. Le reste, le vent, les vagues, la casse, si tu es préparé comme on l’est, tu dois être capable de le gérer avec plus ou moins de bonheur. Cala dépend de ton expérience, c’est tout.

Donc tu t’estimes prêt.

Oui, je crois que je pourrais partir aujourd’hui s’il le fallait. Il nous reste du temps, ce sera autant d’occasions d’apprendre. Mais c’est vrai que je me sens prêt à atteindre l’objectif que nous nous sommes fixés. Si on avait un meilleur bateau et des objectifs sportifs plus élevés, je ne dirais sûrement pas que nous sommes prêts.

Et c’est quoi ton objectif ?

De finir. C’est mon principal but, finir dans le plus petit nombre de jours possibles. On va essayer de pousser notre bateau au maximum. Mais on n’oublie pas que c’est une vieille dame qu’il faut ménager. On va aussi faire en fonction de l’expérience que l’on a.

Le bateau est âgé, mais très fiable

Sans aucun doute. C’est une carène dépassée, mais le voilier est costaud. Tout le monde peut casser, on espère juste qu’on aura un minimum d’avaries et qu’on pourra réparer et continuer.

Vous êtes le seul équipage débutant dans cette course

C’est un handicap dans la mesure où nous n’aurons pas l’expérience de ce qu’il faut faire dans certaines situations spécifiques. Mais je ne sais pas si c’est mieux ou c’est pire pour nous… C’est clair que quelqu’un d’expérimenté saura te conseiller en cas de doute sur une décision à prendre. Mais d’arriver neuf, peut nous amener à faire des choses que l’expérience nous interdirait de faire.

Quelles sont tes relations avec Didac Costa ?

On s’est rencontré en 2008, quand j’ai démarré mon projet Mini. On peut dire qu’on se connaît bien. Cela fait maintenant huit mois qu’on vit et travaille ensemble. On a une relation à la fois amicale et professionnelle. Maintenant, on va avoir trois mois pour mieux se connaître dans la vie quotidienne.

Huit mois, est-ce suffisant pour préparer un projet de cette envergure ?

Non, c’est très court. Cela dépend aussi du budget dont on dispose. Le temps de préparation dépend beaucoup des moyens dont on dispose. Sinon, tu vas dépenser de l’argent avec une équipe salariée. Il faut trouver le juste équilibre.

Tu aimerais être au départ de la prochaine édition de la Barcelona World Race ?

Peut-être qu’à la fin de la Barcelona World Race, je ne voudrai plus mettre les pieds sur un bateau, qui sait ? Mais, s’il faut signer maintenant pour dans quatre ans, je le fais tout de suite…