Savoir dompter un IMOCA Open 60 dans du vent fort

Les IMOCA Open 60 sont des bateaux dessinés et pensés pour naviguer fondamentalement dans des vents forts. Mettre la bonne combinaison de voiles peut donner à l’équipage beaucoup de travail, qui n’est pas exempt de problème. En effet, lors de la manœuvre, passer en pilote automatique fait perdre en fiabilité de tenue de route.

Articles JUIL. 25, 2012 15:34

Les IMOCA Open 60, de par leur forme de carène et à cause des vitesses atteintes, créent un vent apparent qui fait qu’il n’est plus rentable de naviguer plein vent arrière. Avec un vent de 20 à 30 nœuds, les carènes planent sur la houle difficile de l’Atlantique qui rend la tenue du cap très aléatoire. C’est très fréquent donc, ces derniers jours, d’entendre dire que les skippers passent beaucoup d’heures à la barre. En effet dans ces conditions le pilote automatique n’est pas des plus fiable.

L’impossibilité de donner du travail à ce troisième équipier oblige de porter une combinaison de voiles adéquate, qui peut s’adapter rapidement et avec moindre effort aux changements de direction et de force du vent. La clé est d’envoyer correctement la bonne voile d’avant pour ensuite gérer la surface totale déployée en prenant des ris dans la grand-voile selon la force du vent. Si le vent monte, l’équipage prend un ris. Si cela forcit encore, un second ris est pris dans la grand-voile. Lorsque le vent faiblit, la toile est relancée.

De nos jours, la panoplie de voiles d’avant est très grande. Commençons par les spi asymétriques : Les A2 et A3 sont hissés en tête de mât et sont utilisés pour des vents inférieurs à 25 nœuds. Le A2 permet de naviguer à des angles plus ouverts (135°) alors que le A3 est établi avec des vents plus serrés (100°). Pour les vents supérieurs à 25 nœuds, le A6 et A5 sont utilisés et sont hissés avec une drisse au 7/8e. La grand-voile est alors arrisée au premier ris ou plus. L’A6 s’utilise à des angles plus ouverts (135°) alors que l’A5 est fait pour serrer le vent (100°).
La bonne configuration de voiles est un choix important pour trouver un équilibre entre vitesse, confort et sécurité. Il y a plusieurs vérités en fonction  de la manière de naviguer de chaque skipper et, bien sûr, des caractéristiques du bateau. Les voiles d’avant les plus utilisées avec des vents modérés à forts du travers au portant, comme celles utilisées en ce moment dans la plus grande partie de la flotte, conduit à combiner un spi asymétrique (A5 ou A6) ou un reacher avec grand-voile un ris.

Pour les navigations vent de travers, les possibilités sont, elle aussi, nombreuses. En principe, dans du vent léger (moins de 12 nœuds), le Code 0 (voile en tête de mât et amurée sur le bout-dehors) est idéal. Si le vent est entre 12 et 20 nœuds, la grand-voile haute est associée au solent, qui arrive au 7/8e du mât. Entre 20 et 30 nœuds, le recacher sera le plus utilisé (plus costaud que le solent, il est hissé sur la même drisse), en combinaison avec une voile arisée.

Comme nous l’avons souligné, le dilemme courant est de savoir assembler le bon puzzle et de savoir quand changer la configuration des voiles. Dans du vent fort, il est moins dangereux de prendre ou d’enlever un ris dans la grand-voile que d’aller à l’avant pour changer une voile d’avant. C’est pour cela que de nombreuses solutions sont adoptées en fonction de ce facteur. Avant une évolution marquée du vent, il est parfois plus facile de modifier son cap pour changer une voile d’avant. Il est clair qu’ici, la tactique et les possibilités de régler son bateau tiennent une part importante dans laquelle il est nécessaire de trouver un équilibre.