Born in Class Mini

Ils sont neuf skippers engagés sur cette édition de la Barcelona World race à avoir fait leurs classes à l’occasion de la Mini Transat. Cette course emblématique qui réunit tous les deux ans plus de 80 marins de toutes nationalités est considérée par beaucoup comme la première entrée dans le monde de la course au large. Quelles peuvent être les similitudes et les différences entre une traversée de l’Atlantique, seul à bord d’une coque de noix de 6,50m, et un tour du monde en double sur une machine de guerre de 60 pieds… C’est ce que nous avons voulu savoir auprès des navigateurs concernés.

Articles JANV. 1, 2015 14:42

Bruno Garcia et Willy Garcia (We Are Water) : Bruno s’est présenté deux fois au départ de la Mini Transat en 2003 et dix ans plus tard, en 2013, avec un égal bonheur puisqu’à chaque édition, il s’est classé 5e des prototypes.  Willy était présent, quant à lui, en 2003 et s’était classé 9e des prototypes. Bruno : « Dans la Mini Transat, il faut que tu ailles au bout de toi-même. Le mental est quelque chose d’essentiel, la notion d’aventure est bien présente… C’est de voir que je me sentais aussi à l’aise en Mini qui m’a décidé de faire la Barcelona World Race avec mon frère Willy.  La grosse différence, c’est la préparation ! Pour ma dernière Mini Transat, j’ai juste vérifié que mon bateau était en état. En quelques semaines, j’étais prêt à partir. Préparer un IMOCA, c’est autre chose : tout est plus complexe, des efforts subis par le gréement et les appendices à l’électronique embarquée… »

Conrad Colman (Spirit of Hungary) : Conrad a couru en 2009 en bateau de série. Malgré des soucis techniques à répétition, il a réussi à rallier Salvador de Bahia, la ligne d’arrivée. «C’était ma première course et j’ai eu très peu de temps pour me préparer. Je vivais à bord de mon bateau. J’y ai appris deux choses : me débrouiller par moi-même et aussi l’endurance. Finalement, on est un peu dans la même configuration avec Nandor. Mais je suis certain que l’on saura se débrouiller en toutes circonstances. »

Jörg Riechers (Renault Captur) : 5e de la Mini Transat en 2011. « »C’est ma première expérience de course au large. C’est aussi la première fois que je participais à la construction de mon bateau. Et surtout, en Mini, j’ai découvert une autre façon de naviguer. Les Minis et les IMOCA se ressemblent un peu, mais dans le premier cas on navigue au feeling tandis qu’à bord des 60 pieds il faut tout calculer. »

Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) : 3e de la Mini Transat en 1995.  « Pour moi, c’était la découverte de la course au large. C’est aussi le premier bateau que j’ai construit. En Mini, tu peux construire ton bateau tout seul. Les minis sont aussi de fabuleux laboratoires parce que tout est à taille humaine. En IMOCA, on change d’échelle : chaque innovation se chiffre en dizaines de milliers d’euros. Ça t’oblige à être vraiment rigoureux, à réfléchir. »

Anna Corbella et Gerard Marin (GAES Centros Auditivos) ont couru la Mini Transat la même année, en 2009. Pour Gerard, c’était sa deuxième participation après une édition 2007 où il avait fini 4e des bateaux de série. « Avec Gerard, nous avons eu des routes parallèles. On se connaissait depuis l’époque où nous faisions du dériveur tous les deux. C’est amusant que nous ayons fait la Mini la même année. Pour moi, ce fut une première expérience éprouvante, mais tellement gratifiante de l’avoir menée jusqu’au bout. C’est la Mini qui m’a convaincue de devenir professionnelle. »

Aleix Gelabert et Didac Costa (One Planet One Ocean & Pharmaton) se revendiquent aussi  de la classe Mini. Les deux ont couru la Transat 650 de 2011 entre La Rochelle et Salvador de Bahia au Brésil. Les deux se sont rencontrés quand ils démarraient leur projet Mini Transat en 2008. Autant dire qu’ils se connaissent bien. « Nous sommes des purs produits de la Mini. C’est une des clés de notre bonne entente. »